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Meurtre ou accident à l’école?

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Après Le secret du mari, best-seller traduit en 55 langues, la romancière australienne Liane Moriarty s’en est donné à cœur joie dans Petits secrets, grands mensonges. Ce roman superbe, à la structure et à l’écriture hors du commun, a été adapté en télésérie sur HBO par Jean-Marc Vallée, avec Nicole Kidman, Reese Witherspoon et Laura Dern dans les rôles principaux.

Quand quelqu’un trouve la mort pendant une fête à l’école primaire du quartier, les autorités doivent déterminer s’il s’agit d’un terrible accident ou d’un meurtre. L’enquête expose les côtés sombres d’un petit quartier résidentiel australien où tout, en apparence, va très bien.

La romancière expose brillamment toutes sortes de petits mensonges que tout un chacun se raconte à soi-même pour arriver à continuer à vivre dans cette intrigue.

Il y a trois femmes, des ex-maris avec leurs nouvelles conjointes, des familles recomposées, d’autres au bord de l’éclatement. Beaucoup de commérage et de jugements sociaux. Des situations où les apparences sont trompeuses. De l’hypocrisie. Des guerres intestines qui se déroulent dans les réunions de parents et dans la cour d’école.

Liane Moriarty se souvient très bien du moment où elle a eu envie d’écrire ce roman à succès. «Mon fils aîné venait tout juste de commencer l’école, ce qui signifiait que je devenais une “maman d’élève” pour la première fois. J’avais l’impression de retourner moi-même à l’école», raconte-t-elle, en entrevue par courriel.

«Comme je suis devenue mère sur le tard, j’ai tendance à regarder l’univers de la parentalité avec les yeux écarquillés comme une touriste. Je voulais écrire une histoire au sujet de ce nouveau monde – à la fois ordinaire et extraordinaire – auquel j’étais confrontée.»

Audrey c. Elvis

Les prémisses de ce roman ont surgi lorsqu’elle faisait une tournée de promotion avec une autre auteure. «Elle passait tout son temps libre à chercher le collier parfait à porter pour une soirée «quiz» à l’école. Elle et ses amies planifiaient de s’habiller comme Audrey Hepburn. Je ne sais pas pourquoi, mais cette image de mères de famille coiffées et habillées comme Audrey Hepburn m’est restée dans la tête bien longtemps après notre tournée de promotion.»

«Je me disais: imaginons un peu que toutes les mamans soient habillées comme Audrey Hepburn et que tous les papas soient costumés comme Elvis Presley. Et puis, j’ai pensé à ce qui pouvait arriver s’il survenait un genre de confrontation entre les Audrey et les Elvis. Et pourquoi pas une émeute? Après, je me suis laissée emporter par mon histoire.»

Liane Moriarty voulait qu’une série de petits événements conduisent à une tragédie. Pour cela, il lui fallait créer un personnage qui allait constamment réagir lorsqu’elle était témoin d’une situation qui lui semblait injuste. «Je me souviens d’avoir écrit: Madeline est perpétuellement offusquée. Ce personnage est magnifiquement rendu par Reese Witherspoon. C’est un des personnages que j’ai le plus aimé écrire.»

Jean-Marc Vallée

Liane Moriarty a observé l’adaptation de son roman en télésérie par Jean-Marc Vallée. «C’était particulièrement amusant d’aller visiter le plateau de tournage.» Elle adore son travail. «La cinématographie et la musique me donnent la chair de poule.»

Elle n’a que des compliments à formuler à l’endroit des actrices. «Elles sont merveilleuses. Il ne pouvait pas y avoir une meilleure distribution. C’était très excitant.»

Liane Moriarty est en ce moment à la recherche d’une nouvelle idée pour son prochain roman.

Le roman a été adapté en télésérie sur HBO avec Nicole Kidman, Reese Witherspoon et Laura Dern, sous la direction de Jean-Marc Vallée.

Photo courtoisie

EXTRAIT

«Une Flamboyante. Plus âgée que Jane, mais toujours flamboyante. Indéniablement. Toute sa vie, Jane avait observé ce genre de filles avec une curiosité scientifique. Peut-être une pointe d’émerveillement. Peut-être aussi une touche de jalousie. Elles n’étaient pas nécessairement les plus jolies, mais elles s’apprêtaient avec le plus grand soin, tels des sapins de Noël – pendants d’oreilles, bracelets cliquetants, foulards délicats mais inutiles – et ne cessaient de vous toucher le bras quand elles vous parlaient.»

—Liane Moriarty, Petits secrets, grands mensonges