/news/green
Navigation

Hautes marées destructrices : les plans d’urgence devront être revus

Hautes marées destructrices
Photo Courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Les municipalités côtières de la Haute-Gaspésie devront revoir leur plan d'urgence en cas de sinistre. C'est la conclusion à laquelle en sont venus les participants à une importante rencontre tenue lundi à La Martre.

Cette rencontre survenait près de deux mois après les débordements du 16 décembre 2016 qui ont causé de lourds dommages au réseau routier. Rappelons que cinq tronçons de la route 132 avaient été emportés par les eaux.

La rencontre a permis d’entendre notamment l'histoire d'une dame qui, en décembre dernier, retenait avec son corps la porte de sa maison pour empêcher l'eau d'entrer. De l'autre côté, les pompiers cognaient à la porte.

Les municipalités souhaitent s’attaquer aux difficultés de communication lors des situations d’urgence. À La Martre comme dans 75 % des municipalités de la région, le plan d'urgence n'a pas été mis à jour depuis un moment. Résultat: les numéros de téléphone pour joindre les personnes ressources en cas d'urgence ne fonctionnent pas.

«Ce sont de petites municipalités avec très peu de population. Il y a donc très peu de ressources humaines, matérielles et financières permettant de prévoir des plans d’urgence et d’avoir le nombre de personnes requis. Ce qui est important dans les mesures d’urgence, c’est d’être transparent pour que les gens sachent ce qu’il se passe. C’est peut-être le manque qu’il y a eu dans les dernières semaines», soutient Jacques Bélanger, directeur de la Sécurité civile Bas-Saint-Laurent-Gaspésie.

«On a des devoirs à faire. On va devoir refaire nos plans d’urgence, ne serait-ce que pour remettre nos numéros de téléphone à jour», affirme le maire de La Martre, Yves Sohier.

De son côté, le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, se réjouit des avancées attribuables à cette rencontre.

«On apprend que le ministère des Transports a prévu un horaire de programmation pour les trois prochaines années pour effectuer des travaux d’envergure sur le territoire, donc trois ans pour réparer la route 132. Ce qu’on entend aussi, c’est qu’il est possible de réparer la route sans nécessairement la déplacer derrière les montagnes ou ailleurs.»

Le travail n’est toutefois pas terminé, et une planification à plus long terme est nécessaire, selon Christian Fraser, chercheur à la Chaire de recherche en géoscience de l’UQAR.

«Contre quoi on lutte? C’est contre le niveau d’eau dans le futur. [On] mets des structures en place pour faire le travail pour les conditions d’aujourd’hui, mais on sait que dans 20 ou 30 ans, les conditions ne seront pas les mêmes.» Notons que d’ici la fin du siècle, le niveau du fleuve Saint-Laurent pourrait monter de 50 centimètres.

Depuis les incidents de décembre dernier, 180 points vulnérables des infrastructures au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie ont été recensés.