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Le président du syndicat des cols blancs de Québec, Jean Gagnon, tire sa révérence

Le président des cols blancs de Québec, Jean Gagnon
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le président des cols blancs de Québec, Jean Gagnon

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Le président des cols blancs de Québec tirera sa révérence en mai. Jean Gagnon part avec le sentiment du travail accompli, mais décoche une flèche à Régis Labeaume, qui a selon lui entaché la réputation de la fonction publique.

Après 42 ans comme employé de la Ville et 13 ans comme président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec (SFMQ), Jean Gagnon prendra sa retraite officielle le 1er mai, à 59 ans.

«Il est temps de passer le flambeau. J’ai fait le tour du jardin. Je pars la tête haute. Il n’y a pas de squelette dans le placard ou de scandale. La maison est propre», dit-il à propos du Syndicat.

Il en a vu de toutes les couleurs durant ses années de syndicalisme. «Ça a brassé, des bouttes.» Il a reçu des menaces de mort et des œufs cassés sur sa voiture. Mais ce qui le choque le plus est d’avoir dû défendre constamment les employés municipaux contre la «démagogie, la manipulation et les mensonges véhiculés sur la place publique».

Une situation dont il rend entièrement responsable le maire Régis Labeaume. À cause de ses charges intempestives contre les syndiqués et de sa façon de négocier sur la place publique, les employés se sont fait apostropher sur la rue, rumine Jean Gagnon. «C’est une attaque contre la fonction publique comme stratégie de négociation. Et ça, pour moi, c’est vicieux.»

Et pourtant, insiste-t-il, c’est dans l’intérêt de tous si la fonction publique est valorisée. «Il y a une perception négative envers les employés de la Ville. On en a encore pour une dizaine d’années avant de se débarrasser de ça. Si on peut s’en débarrasser un jour.»

Nouvelle ère

Avec son départ commencera une «nouvelle ère». «Il y a du monde en relève. Mais ça va être différent.» Les membres du SFMQ devront se choisir un nouveau représentant au terme d’un processus qui débutera au début mars, avec un avis d’élections et un appel de candidatures.

Jean Gagnon a mené de nombreuses batailles à la présidence du SFMQ. Il a négocié trois conventions collectives, participé aux négociations pour l’équité salariale et à la fusion de 18 régimes de retraite. En plus de mener la bataille contre des lois sur la négociation des conventions collectives et le partage des régimes de retraite.

Prises de bec

Il a aussi eu plusieurs prises de bec avec Régis Labeaume. En novembre 2010, le maire avait qualifié les fonctionnaires municipaux d'«incompétents», à la suite d'une décision controversée sur la création d'une voie réservée sur Robert-Bourassa. La salve avait valu au maire un grief de 1,5 million $ devant le Tribunal du travail.

En 2011, Jean Gagnon avait soulevé l’ire du maire en déclarant en conférence de presse que les contrats accordés aux firmes privées par les Villes ont pour objectif de «remplir les caisses électorales» des partis politiques. Le maire avait riposté en intentant un procès de 200 000 $ pour diffamation devant la Cour supérieure. Le juge avait donné raison à M. Labeaume et avait condamné le président et son syndicat à dédommager le maire pour le montant de 7500 $.

En 2013, le syndicaliste avait déposé un grief contre le maire pour harcèlement psychologique et l’avait poursuivi pour 75 000 $. M. Labeaume avait évoqué devant les journalistes le «burn out» de Jean Gagnon.

Après quatre ans sans convention collective, et à quelques jours de déclencher une grève, les cols blancs s’étaient finalement entendus en 2014 avec la Ville de Québec pour un nouveau contrat de travail.

Plusieurs prises de bec avec le maire...

  • En 2010, le maire avait qualifié les fonctionnaires d’«incompétents»
  • En 2011, Jean Gagnon avait affirmé que les contrats donnés par les villes servent à «remplir les caisses électorales»
  • En 2013, grief de Gagnon contre Labeaume, qui avait parlé publiquement du «burnout» du syndicaliste