/news/politics
Navigation

Lisée veut des inspecteurs pour traquer les employeurs racistes

Le chef péquiste, Jean-François Lisée
Photo Simon Clark Le chef péquiste, Jean-François Lisée

Coup d'oeil sur cet article

Jean-François Lisée veut la création d’une escouade d’inspecteurs pour traquer les employeurs racistes.

Le chef péquiste estime qu’«il y a du racisme» au Québec. La «démonstration a été faite» que lorsqu’un Québécois avec un nom à consonance étrangère envoie son CV à un employeur, il a moins de chance d’être retenu, a-t-il dit.

Pour mettre fin à cette pratique, il veut mettre en place un projet pilote de CV anonyme et durcir la loi pour les entreprises «qui se disent que si c’est écrit El Malbrouk, ce n’est pas possible qu’il soit compétent».

«On peut très bien envoyer des inspecteurs qui se font passer pour des chercheurs d’emploi pour démontrer la discrimination, comme le ministère de la Santé envoie des jeunes [...] pour prendre en flagrant délit des dépanneurs de vente d’alcool ou de cigarettes», a lancé le chef péquiste mercredi.

Il n’hésiterait pas à mettre en place des amendes très élevées, comparables à la loi antitabac. «Les dépanneurs sont terrorisés par l’ampleur des amendes si un de leurs employés vend une cigarette à un mineur. Ça peut monter jusqu’à 60 000 $ pour une première infraction», a noté M. Lisée. «Alors, je me dis: “si ça marche pour les dépanneurs, ça va marcher pour tout le monde”».

Ces amendes pourraient aussi toucher les propriétaires «pris en flagrant délit de discrimination au logement». À tous ceux qui trouvent cette idée saugrenue, le chef Lisée rétorque: «Pourquoi est-ce que c’est plus important de lutter contre le tabagisme que contre le racisme?».

Le premier ministre Philippe Couillard s’est dit ouvert à toute suggestion, mais «préfère une approche de concertation et d’accompagnement» plutôt qu’une approche coercitive.

Débats enflammés sur la laïcité

Malgré cette ouverture, le débat politique sur la laïcité s’est de nouveau enflammé à l’Assemblée nationale. M. Couillard a dû préciser sa pensée après avoir attaqué le PQ.

«Je ne voulais en aucune façon faire quelque lien que ce soit entre mes collègues de l’opposition, puis les événements de Québec, absolument pas. Cependant, tout le monde s’entend que l’épisode de la charte des valeurs n’a pas été un épisode positif pour notre société», a expliqué M. Couillard en après-midi.

Le chef péquiste avait déploré en matinée que «le premier ministre est un récidiviste de l’intolérance avec les gens qui ne sont pas d’accord avec lui».