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Un risque payant pour le spectateur

Pierre Hébert lance son 2e spectacle solo, Le goût du risque

Pierre Hébert était à la salle Albert-Rousseau pour la première médiatique de son nouveau spectacle. 
Photo Jean-François Desgagnés Pierre Hébert était à la salle Albert-Rousseau pour la première médiatique de son nouveau spectacle. 

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En lançant sa campagne de l’humoriste mystère il y a un an, Pierre Hébert a fait prendre un risque à 20 000 spectateurs, qui ont payé 20 $ un billet pour son spectacle en ne connaissant pas son identité. Gageons maintenant que bien peu regretteront de lui avoir fait confiance.

On a toutefois eu un peu peur au départ, alors que quelques anecdotes tombent à plat et qu’on nous sert quelques lignes qui avaient déjà été entendues dans sa tournée de promotion. Une manie qu’ont de nombreux humoristes et qui laisse un goût de déjà-vu. On pourrait aussi lui reprocher de manquer de fluidité entre les numéros, de faire des liens plutôt faibles entre eux.

Mais dans l’ensemble, l’humoriste remporte son pari. Quelques numéros valaient le détour à eux seuls, dont celui où, avec une grande dose d’autodérision, il raconte sa première journée de cours de moto. Il s’est rendu compte qu’il avait acheté un manteau de femmes avec trois petits coeurs mauves brodés. «Je n’ai pas un look Harley-Davidson, j’ai un look Bouclair», a-t-il lancé.

Le récit savoureux de sa croisière en Grèce est probablement le plus fort de la soirée. Il fallait le voir occuper la scène de long en large en mimant une descente à dos d’âne à l’île de Santorin, ou bien mimer sa plongée en apnée.

Le public se tordait de rire

Tout au long du spectacle, Pierre Hébert se moque beaucoup de lui-même, chialant contre le fait qu’il n’est jamais dans le top 40 des artistes les plus sexys d’Échos Vedettes. «Y’est beau en «simonak» Claude Legault. Il y a un ange qui a fait l’amour avec un arc-en-ciel et ç’a donné Claude Legault.»Il avoue sans détour son côté «cheap» et «petit vieux». «Je ne suis pas un bad ass. Je suis une personne âgée dans un corps de 36 ans. J’aime ça prendre des marches pour digérer», dit-il.

La mise en scène de Charles Dauphinais mérite une étoile. On ne gâchera pas le «punch», mais plusieurs effets sonores, dont pendant son récit sur les films d’horreur, sont fort bien utilisés. Avec un humour très physique, Pierre Hébert est tout sauf ennuyant quand il raconte ses histoires, et livre la marchandise avec précision.

Dans le dernier droit de ce spectacle de 90 minutes, sans entracte ni première partie, Pierre Hébert s’aventure sur le sujet de la paternité et de la grossesse de sa blonde. Des sujets bien communs, mais son magasinage de poussette nous amène là où on ne s’attend pas.

Il a opté pour une finale en émotion. Une recette usée de stand up classique, mais quand elle est aussi bien maîtrisée et aussi bien livrée, il y a de quoi mettre le public dans sa poche comme l’a fait Pierre Hébert hier soir.

Les représentations des 3, 4 mai et du 1er juin à la salle Albert-Rousseau affiche complet. Pierre Hébert sera en supplémentaire les 8, 9 et 25 novembre.