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L’«Eliot Ness» au féminin se joint à la CAQ

Sonia LeBel
Photo d'archives

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Je viens d’apprendre que Me Sonia LeBel, ex-procureur en chef de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC), se joindra à la Coalition avenir Québec de François Legault. Quelle prise pour la CAQ, qui s’adjoindra une femme de très haut calibre, ayant une personnalité forte, engagée et qui n’a pas froid aux yeux!

Nous avons tous découvert ses talents d’avocate lors des audiences de la commission Charbonneau, et je me souviens, notamment, de l’interrogatoire serré qu’elle avait fait subir à l’ex-président de la FTQ, Michel Arsenault. Regardez un résumé humoristique ici à Infoman.

Un air de déjà vu

On ne sait pas encore quels seront les mandats qui seront confiés à Me LeBel, mais son engagement n’est pas sans me rappeler la venue de Jacques Duchesneau comme candidat caquiste en 2012. En effet, cet ancien chef de police de la Ville de Montréal et directeur de l’Unité anticorruption apportait à l’équipe de François Legault le symbole de l’intégrité, valeur qui faisait cruellement défaut aux libéraux de Jean Charest, attaqués de toute part, notamment par les révélations faites à la commission Charbonneau et dans les agissements de l’ex-ministre Tony Tomassi. Avant l’entrée en scène de M. Duchesneau, la CAQ croupissait à 18% dans les sondages. Sa venue avait donné un élan majeur au jeune parti et avait favorisé la victoire de 19 députés caquistes à l’Assemblée nationale, dont votre humble serviteur.

Je crois que Me LeBel, si ses talents sont bien utilisés, pourrait avoir un impact important sur la perception qu’aura la population concernant la Coalition avenir Québec. Malgré son désir de se distancier de son prédécesseur Charest, Philippe Couillard peine à redorer l’image d’intégrité du Parti libéral du Québec. Ne pensons qu’aux scandales liés à la vente d’édifices gouvernementaux par la Société immobilière du Québec, à l’arrestation et à la mise en accusation de Nathalie Normandeau, ou encore à Sam Hamad et ses interventions pour une entreprise du Bas-Saint-Laurent. Malheureusement pour les libéraux, l’odeur de corruption qui plane au-dessus de leur formation politique n’a pas été dissipée depuis l’élection de M. Couillard, lui-même un ministre influent du précédent gouvernement Charest.  

Une pépinière d’informations

On se doute bien que Sonia LeBel apportera avec elle un bagage d’informations colligées lors de son passage à la CEIC. Rapidement, on devrait voir la signature de Me LeBel dans le style de questions que poseront le chef François Legault et ses collègues députés. Parions que les libéraux seront plutôt inquiets des informations que pourrait dévoiler la recrue vedette à son nouvel employeur.

Possible candidature?

On est encore à 18 mois des prochaines élections; néanmoins, les partis politiques ont déjà commencé des approches auprès de candidats potentiels. La question se pose: «Est-ce que Sonia LeBel briguera un poste de députée, au côté de François Legault en 2018?» Si elle le fait et, contre toute attente, la CAQ réussit à former le prochain gouvernement, François Legault aurait sous la main une excellente candidature pour le ministère de la Justice ou de la Sécurité publique. Le ménage tant attendu pourrait-il enfin se faire? Avec une personnalité forte comme celle de Sonia LeBel, il est permis d’y croire.