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Ode à l'amour et à la tolérance

Ode à l'amour et à la tolérance
Photo courtoisie

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Le célèbre auteur Eric-Emmanuel Schmitt montera sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde dans les prochains jours pour présenter sa pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Un moment tout indiqué pour aborder la religion, la tolérance et l’acceptation de l’autre.

Si la pièce tombe à point après ­l’attentat à la mosquée de Québec, c’est un bien triste hasard. C’est en ­remplacement de la pièce Novecento d’Alessandro Baricco que celle-ci a plutôt été choisie quelque temps avant les ­événements survenus dans la Vieille Capitale.

«J’ai été étonné de ce qui est survenu à la mosquée de Québec, confie Eric-Emmanuel Schmitt en ­entrevue depuis la France. Pour moi, il s’agit d’un acte isolé, car la culture du Québec est celle de la tolérance, elle est merveilleuse et pour moi, elle est un modèle.»

Pour l’auteur, l’œuvre est plus pertinente qu’à l’époque où elle a été écrite pour le théâtre, en 1999 – avant que le roman soit publié en 2001 – puis adaptée au cinéma en 2003.

Après avoir été présentée plus de 600 fois en France, en plus d’avoir fait l’objet d’une ­tournée d’un mois au Québec l’année dernière, c’est un accident de ­parcours qui a fait en sorte que ­l’écrivain est devenu interprète de sa propre pièce, alors qu’il a dû remplacer le comédien Pierre Lalanne. Avec une centaine de représentations à son actif, Eric-Emmanuel Schmitt prend autant de plaisir à jouer qu’à écrire. Il s’apprête d’ailleurs à aller présenter son spectacle en Italie, en Allemagne et aux États-Unis. «C’est une ­expérience humaniste, qui me permet de vibrer avec les spectateurs», confie le dramaturge qui donne­­ vie à tous les personnages de la pièce.

Juif et Musulman

Campée dans les années 1960, l’histoire est celle de Momo, un jeune juif de 12 ans abandonné par sa mère et ­vivant seul avec un père distant. Livré à lui-même, il se liera d’amitié avec l’épicier musulman de son quartier, M. Ibrahim. Plusieurs années plus tard, il se souviendra des moments heureux et des leçons de vie ­enseignées par Ibrahim, un sage qui lui a transmis de belles valeurs.

Lorsque l’on demande au ­dramaturge de résumer sa pièce, il révèle qu’il y a un peu de lui dans Momo et un peu de son grand-père dans M. Ibrahim. «Il n’était pas épicier ni musulman, ­souligne-t-il, mais il s’agissait d’un homme bienveillant.»

Loin de prétendre qu’il s’agit d’une pièce sur les religions, l’auteur préfère parler de spiritualité. D’ailleurs, la ­spiritualité fait partie de la plupart de ses ouvrages. «C’est un aspect très ­important pour moi», fait remarquer l’auteur, dont les livres sont traduits en 44 langues.

C’est également une pièce ­touchante, qui fait du bien. «Durant le spectacle, j’entends les spectateurs ­rire et après le spectacle, ils me disent avoir pleuré», ajoute-t-il.

Parallèlement à son spectacle, Eric-Emmanuel Schmitt lancera dans quelques jours un livre à caractère biographique, Plus tard, je serai un enfant, qui relate ses jeunes années. Il planche également sur son prochain ­roman, La vengeance du pardon, qui paraîtra en septembre prochain.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran

  • Auteur et interprétation: Eric-­Emmanuel Schmitt
  • Mise en scène: Anne Bourgeois
  • Du 22 février au 4 mars 2017
  • Au TNM