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Le gouvernement dit contrôler l’afflux de réfugiés illégaux

Les conservateurs et le NDP l’ont pressé mardi de renverser le phénomène

Lundi, des dizaines de personnes ont été interceptées sur le chemin Roxham, à Hemmingford, dont ce père de famille.
PHOTO CHANTAL POIRIER Lundi, des dizaines de personnes ont été interceptées sur le chemin Roxham, à Hemmingford, dont ce père de famille.

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OTTAWA | Malgré les signaux d’alarme lancés par l’opposition, les avocats en immigration et les douaniers, le gouvernement Trudeau assure qu’il a la situation de l'afflux des demandeurs d’asile clandestins provenant des États-Unis bien en main.

Les conservateurs et le NPD ont pressé le gouvernement d’agir, mardi aux Communes, pour renverser le phénomène en hausse des réfugiés qui traversent illégalement la frontière depuis l’élection du président Donald Trump en raison de ses politiques controversées en matière d’immigration.

Le Québec et le Manitoba sont particulièrement visés par la situation, où des agents additionnels de la GRC et des douaniers ont été déployés pour faire face à la situation.

Selon les conservateurs, cette situation menace la sécurité tant des demandeurs d’asile clandestins que de la population.

«On ne peut continuer à laisser les gens traverser les champs des fermiers illégalement. Ce n’est pas sécuritaire pour ces personnes ni pour la communauté», a lancé la députée conservatrice Candice Bergen. Le candidat dans la course à la direction du Parti conservateur, Steven Blaney, a pour sa part suggéré des mesures pour contrer l’immigration illégale, dont revoir les lois et embaucher plus de policiers et de douaniers à la frontière.

Steven Blaney, Parti conservateur
Photo d'archives
Steven Blaney, Parti conservateur

Demande de suspension

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a réitéré que la GRC, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et le ministère de l’Immigration travaillent d’arrache-pied pour «assurer l’intégrité des frontières canadiennes et l’application des lois».

«Si l’ASFC et la GRC nous avisent qu’ils ont besoin de plus de ressources pour faire ce travail efficacement, alors nous écouterons leur avis avec soin», a rétorqué le ministre. La députée du NPD Hélène Laverdière est pour sa part revenue à la charge en demandant au premier ministre Justin Trudeau de suspendre l’entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis.

« Pays ouvert »

Cette demande fait écho aux revendications de plusieurs avocats en immigration.

L’entente oblige les douaniers à refouler à la frontière tous les réfugiés provenant des États-Unis qui cherchent à entrer légalement au pays, pour faire une demande d’asile en bonne et due forme. Toutefois, les réfugiés entrant clandestinement, le Canada a l’obligation en vertu du droit d’entamer des procédures d’accueil et de traiter leur dossier.

«Le Canada est un pays ouvert et généreux», a lancé le premier ministre.

«Nous allons continuer de trouver cet équilibre entre un système rigoureux et l'acceptation de ceux qui sont dans le besoin», a poursuivi M. Trudeau.

Le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, a pour sa part maintenu qu’il n’avait pas l’intention de déchirer l’entente avec les États-Unis.