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Surveillance accrue pour les élus

Les bureaux de circonscription seront munis de caméras, d’un interphone et de systèmes d’alarme

securite Parlement
Photo Simon Clark Les imposants travaux visant à sécuriser davantage le Parlement de Québec sont en cours jusqu’en 2019.

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La sécurité entourant les députés de l’Assemblée nationale sera renforcée, a appris Le Journal.

Un important système de surveillance sera installé dans les locaux de circonscription des 125 élus québécois.

Tous les bureaux de comtés devront dorénavant être munis d’un interphone avec caméra intégrée et contrôle d’accès électrique, d’un système de vidéosurveillance avec enregistreur et d’un système d’alarme. Des dépenses d’un peu moins de 5000 $ par circonscription.

Ces mesures s’ajoutent au mégaprojet de modernisation et de renforcement des mesures de sécurité du Parlement, dont la facture atteindra 60,5 millions $ et qui implique notamment la construction d’un «mur anti-bombe».

Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a refusé de nous accorder une entrevue sur les raisons à l’origine de ce nouveau resserrement.

«Différents événements et rapports concernant la sécurité ont fait prendre conscience de la nécessité d’uniformiser les mesures de sécurité, tant à l’hôtel du Parlement qu’en circonscriptions», a précisé une porte-parole, Noémie Cimon-Mattar.

«C’est en réponse à ces préoccupations que le Bureau de l’Assemblée nationale a autorisé le déploiement de ces mesures», a-t-elle ajouté.

« Tracts de l’État islamique »

Mais selon nos informations, le service de sécurité de l’Assemblée nationale a levé le drapeau rouge depuis que des «tracts de l’État islamique» ont été retrouvés sur le terrain du Parlement.

Une information qui a été communiquée aux élus lorsqu’il a été question des travaux de construction de l’Assemblée nationale, dans les mois qui ont suivi l’attentat d’Ottawa à l’automne 2014.

«On nous a dit qu’on avait ramassé des tracts de l’ÉI. Que ç’aurait été placé le soir ou la nuit», nous a-t-on confié, sous le couvert de l’anonymat.

«On a dit qu’on n’était pas à l’abri des menaces puisque, d’ailleurs, des responsables de la sécurité avaient découvert sur les terrains de l’Assemblée nationale des tracts de l’ÉI», a soutenu une autre source.

Cette propagande islamiste retrouvée au siège de la démocratie québécoise après les événements au Parlement d’Ottawa a constitué «l’élément déclencheur» du projet de renforcement de la sécurité, signale une personne très bien informée.

Des lettres de menace envoyées directement aux locaux de comté d’élus (voir autre article) ont également alerté les forces policières quant à la vulnérabilité des députés à l’extérieur du Parlement.

Projet de modernisation et de resserrement de la sécurité de l’Assemblée nationale

  • Construction d’un pavillon d’accueil souterrain d’une superficie d’environ 3800 m², avec salle multifonctionnelle, un agora et deux nouvelles salles de commission parlementaire
  • Construction d’un poste de commandement pour la sécurité
  • Les travaux doivent s’échelonner jusqu’en 2019

Coût : 60,5 millions $

Une députée a reçu des menaces

La députée caquiste Nathalie Roy.
Photo Simon Clark
La députée caquiste Nathalie Roy.

La députée caquiste Nathalie Roy a fait l’objet de menaces en lien avec ses prises de position identitaire, a découvert Le Journal.

L’élue de Montarville a refusé de nous accorder une entrevue sur le sujet.

Mais selon les documents obtenus par notre Bureau parlementaire, deux lettres anonymes contenant des «avertissements» ont été envoyées au local de circonscription de Mme Roy. Une première dans les jours qui ont suivi le passage houleux du controversé prédicateur Adil Charkaoui en commission parlementaire à l’Assemblée nationale et une seconde au printemps 2016.

«Le traitement fait de votre part et de votre formation politique aux musulmans est inacceptable. Vous prônez la haine et le mépris de l’autre. VOUS devez arrêter votre propagande antimusulmane ou vous serez prise à votre propre jeu. Nous avons les moyens de nous défendre et nous le ferons pour contrer votre propagande», peut-on lire dans la plus récente missive, suivie de deux versets du coran en arabe et signée «au nom de tous les isla­mistes qui vivent tranquilles».

Dans une brève déclaration écrite transmise à notre Bureau parlementaire, Nathalie Roy a précisé qu’elle s’est aussitôt adressée à la Sûreté du Québec.

«Je n’ai pas voulu rendre publiques ces menaces. Jamais. D’abord pour ne pas accorder davantage de visibilité à leurs auteurs, mais aussi – et surtout – parce que je refuse, comme élue et comme femme, de me poser en victime.»

Elle affirme que la liberté de parole est un fondement qu’elle entend défendre jusqu’au bout. «Hors de question, donc, de me laisser intimider par des extrémistes religieux qui veulent m’empêcher, par un discours violent et menaçant, de tenir un débat démocratique.»

Scie à chaîne

Ce n’est pas la première fois que la sécurité des députés à l’extérieur du Parlement est mise en péril. L’ancien député péquiste Guy Lelièvre avait eu toute une frousse à la fin des années 1990 lorsqu’un individu s’était présenté à son local de circonscription de Gaspé armé d’une scie à chaîne. Le forcené avait tranché le bureau du député sous ses yeux.

Il n’est pas rare non plus de voir des locaux de comté vandalisés, pensons à ceux de Line Beauchamp durant le printemps érable ou plus récemment à ceux du ministre libéral Luc Fortin.