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Le culte du moron

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Des chefs syndicaux de l’enseignement, bien au fait de la médiocrité du curriculum, se sont dressés sur leurs petites pattes pour protester contre les cours d’information financière destinés aux élèves du secondaire.

Il paraît que ça nuirait à l’esprit «critique» des jeunes que de leur expliquer ce que sont dette, taux d’intérêt ou hypothèque.

Ce serait faire l’apologie du capitalisme que de les prémunir contre ce qui les attend. En revanche, on devine que le marxisme doit rester en vogue dans les écoles...

Il faut plutôt soupçonner que les syndicats ne veulent pas d’un «esprit critique» qui risquerait de se retourner contre eux... Comprendre ce qui différencie une paye nette d’une paye brute au Québec, ça nuirait au maintien du statu quo.

La révolution

Leur attitude indique qu’il vaut mieux voir les jeunes s’endetter comme des morons. Multiplier les cartes de crédit à gogo, se soumettre comme des imbéciles à des hypothèques et à des prêts dont ils seront prisonniers.

C’est aussi docile, un moron. S’il ne comprend rien à ses propres affaires, il ne posera pas de questions sur la fiscalité ou les finances publiques. Dette, déficit, que çé ça?

Les jeunes vieilliront et comprendront trop tard pourquoi il y a des gens à peine grisonnants qui voyagent hiver comme été tandis que d’autres finissent chez Rona ou chez Sears à vendre des clous et des souliers jusqu’à 70 ans...

Le modèle québécois fleurit dans le fumier de l’injustice et il tient bon parce qu’il n’est jamais remis en cause. Jamais examiné sous l’angle de la majorité abusée.

Que les syndicats de profs s’insurgent contre l’enseignement des affaires financières ne devrait toutefois pas nous étonner. Ça fait longtemps qu’ils rêvent de révolution, de remplacer le pouvoir actuel par le leur...

Avec les bureaucrates et les pédagogues, ils sont venus à bout des notions «bourgeoises» d’effort et d’excellence. Ils ont nivelé par le bas, au plus bas possible, même l’enseignement du français.

Intérêts particuliers

Il n’est même plus nécessaire d’étudier pour obtenir un diplôme. Il n’est d’ailleurs même plus nécessaire de savoir écrire pour enseigner. L’inculture fait école, genre...

Le culte du moron, c’est le moron qui n’aura de critique qu’envers le succès et l’argent d’autrui; ce culte-là domine dans les salles de classe du Québec depuis des dizaines d’années.

Il sert des intérêts particuliers, peu importe si cela entraîne un décrochage massif.

À gauche, du haut en bas de la pyramide, on se plaît à croire que la richesse existe. Comme un vélo sans cadenas. Il suffit de tendre la main...

De crier, d’exiger, de manifester, de prétendre à l’égalité, de réclamer la solidarité, d’implorer la justice sociale...

C’est d’autant plus efficace que les télés sont là, en direct, avec des questions du genre: «Vous n’en pouvez plus de l’austérité, c’est ça?»... Et, ainsi, le plus naturellement du monde, les morons restent ce qu’on veut qu’ils soient...