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Une puissance est née

Le duo Harvey-Valjas entend s’imposer au sprint

Une puissance est née
AFP

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LAHTI | On se doutait que quelque chose couvait, mais on attendait l’éclosion depuis longtemps. Maintenant, c’est acquis: le Canada a retrouvé son statut de puissance en sprint grâce au duo de Len Valjas et Alex Harvey.

Les meilleurs artistes dans cette discipline pointue du ski de fond ne se trouvent pas en marchant sur la rue. Avec deux médailles de bronze aux deux derniers championnats mondiaux, Harvey a déjà démontré sa valeur dans ce type de concours individuel qui se jouera jeudi à Lahti. Restait à trouver un autre rapide pistolet pouvant former un tandem de choc pour l’épreuve par équipe de dimanche.

Cet homme s’appelait Len Valjas. Avec une première place en équipe avec Harvey à une Coupe du monde en Italie, le 15 janvier dernier, il a fait la démonstration cette saison qu’il a retrouvé le haut niveau qu’il avait perdu depuis une opération à un genou subie en 2013.

«Pour moi, c’est une nouvelle motivation. Le sprint par équipe, maintenant, j’y crois vraiment. Quand tu as un bon ami qui fait de bons résultats individuels, c’est bon aussi pour l’ambiance de l’équipe. Personnellement, ça augmente mes chances aussi au sprint par équipe», a étalé Harvey, après son entraînement de mercredi.

Len Valjas et Alex Harvey forment un duo de qualité pour l’épreuve de sprint individuel de jeudi et celle en équipe de dimanche.
Photo Alain Bergeron
Len Valjas et Alex Harvey forment un duo de qualité pour l’épreuve de sprint individuel de jeudi et celle en équipe de dimanche.

Sorti de l’oubli

Valjas ne se démarque plus seulement avec ses 6 pi 6 po aux abords des pistes. Quatrième au récent événement-test de sprint sur le parcours olympique de Pyeongchang, le 3 février, on oublie qu’il revendique cinq podiums individuels en Coupe du monde, tous obtenus entre mars 2012 et janvier 2013.

Il s’était fait oublier les années suivantes. On le retrouve cette année.

«Je travaillais fort à chaque été, mais je devais toujours négocier avec de la douleur à un genou. Quand j’ai repris l’entraînement à la fin de la saison dernière, sans connaître la raison, je n’ai plus eu de douleurs. J’ai senti la différence dans les jambes. Je pouvais recommencer à sauter. Je pouvais m’entraîner avec intensité pour plusieurs heures. Tout fonctionne cette année», affirme le Torontois, dont la soeur aînée Kristina a terminé neuvième en volleyball de plage aux Jeux olympiques de Rio.

Forces diversifiées

La charge canadienne ne viendra pas seulement de la part d’Harvey au sprint individuel de jeudi, quoique son équipier ne se dit pas aussi à l’aise dans la formule «skate» qui sera imposée. Le style classique de l’épreuve par équipe de dimanche lui convient mieux. Mais dans ce type d’exercice combinant explosion et stratégie, les aptitudes propres à un sprinteur ne se perdent jamais.

«Maintenant qu’on est deux gars dans les rondes (éliminatoires), je peux échanger des stratégies de course et des informations sur les autres coureurs que Len a affrontés. S’il a skié contre Petter Northug (le Norvégien, champion en 2015), par exemple, je peux apprendre comment il s’est comporté. On partage toutes les informations», affirme Harvey.

«Je pense que le parcours me convient bien. Je suis prêt à faire une bonne course demain (jeudi), mais si ça ne va pas aussi bien que je le souhaite, ça servira de bon réchauffement pour le sprint par équipe de dimanche», donnait à entendre Valjas.

En solo ou ensemble, les deux hommes aimeraient bien faire découvrir la musique du «Ô Canada» aux Finlandais...

Baptême de piste pour deux Québécoises

Cendrine Browne, skieuse.
Photo Alain Bergeron
Cendrine Browne, skieuse.

LAHTI | L’air froid de la Finlande amène aussi un renouveau avec la participation de deux Québécoises à ces mondiaux. Alex Harvey n’est plus seul au monde!

Cendrine Browne, originaire de Saint-Jérôme, et Katherine Stewart-Jones, de Chelsea en Outaouais, fournissent enfin une réplique québécoise dans l’équipe canadienne féminine à Lahti, qui comprend aussi Emily Nishikawa et Dahria Beatty, toutes deux de Whitehorse.

«J’espère qu’on va être une inspiration pour notre génération», souhaite Stewart-Jones, qui s’entraîne avec une aile de l’équipe nationale à Thunder Bay.

De l’expérience

Avec respectivement 28 et 10 départs en Coupe du monde, Browne, âgée de 23 ans, et Stewart-Jones (21) vivent une intense immersion avec ces mondiaux. L’aînée des deux est toutefois plus avancée dans le programme de développement de l’équipe après avoir fait partie de la Coupe du monde depuis le début de la saison. Elle mesure déjà la somme du travail requis pour appartenir à l’élite mondiale.

«À force de courir avec les meilleures au monde, on va se développer et aller chercher de la vitesse. Oui, c’est difficile. Parfois, on finit parmi les dernières, parfois on a de moins bonnes journées, mais il faut retirer des éléments positifs dans chaque course. Quand je fais un 10 km et que, durant les cinq premiers, je suis près du top 30, c’est quelque chose de positif. Il faut construire avec ces petits détails», dit avec sagesse Browne, membre du Centre national d’entraînement Pierre Harvey.

Visées olympiques

Il serait surprenant que les deux recrues québécoises jouent à Lahti dans les mêmes talles que l’impératrice norvégienne Marit Bjoergen et sa compatriote Heidi Weng. Dans une vision à moyen et long terme, réussir un top 30 dans l’une des six épreuves auxquelles elles participeront pourrait toutefois leur procurer un première critère pour participer aux Jeux olympiques de 2018.

«Elles sont à l’étape de miser d’abord sur un top 30, peut-être même un top 25. Si elles réussissent, elles pourront ensuite espérer appartenir au top 25 aux prochains Jeux. Ensuite, aux Jeux quatre ans plus tard, elles pourront encore viser plus haut», projette l’entraîneur de l’équipe canadienne, Louis Bouchard.

Ouverture - Non à la cérémonie pour les Canadiens

Comme la majorité des athlètes, les skieurs canadiens ont renoncé à la cérémonie d’ouverture des championnats présentée à la grande place publique au centre-ville, en début de soirée mercredi.

«C’est trop long (une cérémonie d’ouverture). On ne peut pas se permettre de demeurer debout sur nos jambes toute une soirée», a avoué Alex Harvey.

L’hiver finlandais a rappelé ses droits au millier de spectateurs qui ont bravé la tempête pour assister à l’événement. Les organisateurs n’avaient peut-être pas calculé leur coup, mais des feux d’artifice dans un ciel enneigé, ça donnait un effet plutôt bien réussi...

Entraînement - Du ski à la brunante

Plusieurs skieurs de la haute gomme des mondiaux se sont offert un deuxième entraînement de la journée autour de 17 h, au moment où le soir tombait sur le parcours. Alex Harvey et l’équipe canadienne ont participé au zèle de circonstance, question de se rapprocher du scénario et des conditions qu’ils pourraient retrouver lors des rondes éliminatoires du sprint individuel de jeudi (17 h 30, heure locale).

«Comme les courses débutent tard (15 h pour la qualification et 17 h 30), j’ai changé ma routine ce matin. Je suis resté couché plus longtemps. Normalement, je fais un petit jogging le matin et des exercices d’activation, mais là, je vais les faire plus tard aujourd’hui pour mieux me sentir à partir de 15 h. Ça va aussi nous préparer pour les Jeux olympiques puisque le programme doit aussi avoir lieu en fin d’après-midi», a expliqué le Québécois.

Controverse - Relents de dopage en Finlande

Les mondiaux de Lahti n’échappent pas aux relents du dopage. Le Tribunal arbitral du sport a rejeté mardi l’appel de cinq skieurs russes qui contestent la suspension provisoire que leur a imposée la Fédération internationale du ski (FIS) dans l’attente des conclusions d’une enquête menée par son comité anti-dopage.

La FIS s’est toujours gardée de nommer les athlètes qu’elle a poussés en touche, mais le blabla de la communauté internationale du ski de fond a notamment identifié depuis le début Alexander Legkov et Maxim Vylegzhanin, champion et vice-champion olympique du 50 km à Sotchi. Selon le rapport McLaren, leurs échantillons d’urine prélevés aux Jeux de 2014 auraient pu être modifiés.

À chacune des épreuves à Lahti, les trois médaillés, le quatrième et deux autres choisis au hasard subiront un test, a avisé la FIS.