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Débat sur la congestion routière: «c’est tout croche», déplore Labeaume

Débat sur la congestion routière: «c’est tout croche», déplore Labeaume
Photo Stevens LeBlanc

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L’annulation à deux heures d’avis d’une rencontre sur l’état de la circulation entre Québec et Lévis illustre à quel point le débat sur la congestion routière est rendu «tout croche», selon le maire Labeaume.

«C’est tout croche», a pesté le maire de Québec, lorsque questionné sur les raisons du report de la rencontre au sommet qui devait avoir lieu la veille avec son homologue de Lévis, Gilles Lehouillier et le ministre des Transports, Laurent Lessard.

«Je ne comprends pas pourquoi ça a été annulé, ne me le demandez pas, je ne le sais pas», a laissé tomber M. Labeaume.

La rencontre devait notamment être l’occasion, pour les deux maires, d’obtenir des explications sur le nouveau portrait de la circulation qui leur a été transmis par le ministère des Transports à la mi-janvier.

Comme l’a révélé Le Journal, jeudi, les données indiquent que le débit de circulation sur le réseau routier n’a pratiquement pas changé depuis cinq ans, sauf dans les secteurs ouest des deux rives, où l’étalement urbain entraîne des flots de circulation plus importants.

Des questions sans réponses

Même si ce constat s’apparente à la présentation qu’avait faite la Ville de Québec, l’automne dernier, «bien des questions» sur d’autres aspects demeurent sans réponses, a confirmé le maire Labeaume, qui a hâte d’en discuter avec le ministre Lessard.

«On veut comprendre les chiffres», a dit le maire de Québec, en refusant de commenter davantage, comme le document n’a pas encore été rendu public par le ministère.

«On n’a pas appris grand-chose de nouveau, a réagi de son côté le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. [...] Il n’y a pas là de grande surprise.»

3e lien toujours pertinent à l’est

Le maire de Lévis privilégie toujours l’option d’un 3e lien dans l’est même si les débits de circulation les plus importants se retrouvent dans l’ouest.

«Dans l’idée d’un 3e lien, il faut regarder aussi l’impact économique», a fait valoir le maire de Lévis, qui songe notamment au potentiel de développement industriel de la Rive-Sud.

Son avis semble partagé par la ministre responsable de Chaudière-Appalaches, Dominique Vien.

«Il faut être juste dans l’analyse, a observé la députée libérale de Bellechasse. C’est qu’à l’est, il n’y a rien encore qui nous permet de circuler d’une rive à l’autre, alors c’est bien évident que tout le monde se retrouve dans l’ouest.»

«Ce qui est primordial, a insisté Mme Vien, puis on a une obligation de résultat, c’est d’améliorer la fluidité entre les deux rives, et ça passe par un 3e lien.»

«Quand on regarde la configuration géographique, on comprend que si on veut boucler la boucle des autoroutes de contournement de la périphérie de Québec bien il faut aller à l’est», a réagi à son tour le député caquiste Éric Caire.

Lessard ouvert à toutes les possibilités

Le ministre des Transports, Laurent Lessard, pour sa part, se dit ouvert à «toutes les possibilités», sauf celle d’un tunnel sous-fluvial de 4 G$ à l’est tel qu’évalué dans une étude dévoilée en septembre dernier. «Personne ne m’a reparlé de ça», a dit M. Lessard.

Tous s’entendent pour dire que le bureau de projet sur le 3e lien devrait enfin permettre d’aller plus loin en analysant les différentes possibilités.

Le maire de Lévis mise aussi sur la prochaine enquête Destination-Horizon qui doit être réalisée en 2017. La dernière enquête du genre sur les déplacements de personnes a été menée en 2011, mais il a fallu attendre jusqu’en décembre 2014 avant que ses résultats soient dévoilés.

– Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée