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Élargir l'accès à l'aide médicale à mourir : Barrette ouvert au débat

Gaetan Barrette
Photo Agence QMI, Simon Clark Le ministre Gaétan Barrette

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Un consensus émerge à l’Assemblée nationale pour débattre de l’élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir.

Le meurtre par compassion de Jocelyne Lizotte, cette femme souffrant d’Alzheimer tuée par son mari en début de semaine dans un CHSLD de Montréal, a remis cet enjeu à l’ordre du jour des politiciens québécois.

Après la députée péquiste Véronique Hivon, c’est au tour de la CAQ de réclamer une discussion sur la possibilité d’étendre l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes.

Le député caquiste François Bonnardel s’est présenté jeudi devant les journalistes pour parler du cas de sa propre mère, aux prises avec la maladie d’Alzheimer depuis une quinzaine d’années.

«Je l’ai vue dépérir, je l’ai vue ne plus me reconnaître, ne plus sourire, ne plus parler, ne plus apprécier la vie, être prisonnière de son corps, et, dans ce contexte, moi aussi, dans les trois dernières années, j’ai souhaité que le bon Dieu puisse venir la chercher», a-t-il confié ému, avant de quitter la salle de presse submergé par l’émotion.

Le débat n’est pas clos

Le ministre Gaétan Barrette accueille avec ouverture l’idée d’en débattre. Il reconnaît que la Loi québécoise sur les soins de fin de vie adoptée en 2014 «était le plus petit dénominateur commun sociétal de ce moment-là».

«C’est clair pour moi que ce débat-là n’était pas clos, le jour où la Loi 52 a été adoptée», a convenu jeudi le ministre de la Santé. Le Dr Barrette n’était pas prêt toutefois à élaborer sur la forme qu’une telle discussion pourrait prendre.

La députée Hivon convient que cette question est éminemment complexe et délicate. «Mais les Québécois ont soif que nous débattions, notamment avec bien sûr ces maladies dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer, qui prennent de plus en plus de place».

Le député solidaire Amir Khadir estime que le Québec est mûr pour étendre l’aide médicale à mourir. «Quand la souffrance est trop grande, irrémédiable, qu’on est arrivé à un point de non-retour, s’il y a des personnes qui ont besoin qu’on les aide, il faut les aider», plaide-t-il.