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Les Hells s’activent à Québec

Le groupe criminalisé songerait à ouvrir un nouveau bunker

Les Hells s’activent à Québec
Photo d'archives

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Les Hells Angels ont rouvert leur chapitre de Québec avec au moins sept membres en règle bien actifs, et ils pourraient même établir un nouveau bunker, selon nos informations.

Le chapitre de Québec a été réactivé à l’automne, et les Hells Angels (HA) ont officiellement annoncé leur retour en affaires lors d’une démonstration de force le 17 décembre dernier. Au moins deux motards portant une veste avec l’écusson Quebec City ont assisté à une réunion dans un hôtel de Sainte-Anne-de-Sorel pour célébrer le 39e anniversaire de la section Montréal.

Tous les chapitres des Hells, sauf celui de Montréal, avaient été fermés à la suite de l’opération SharQc en 2009, qui a permis l’arrestation de 156 individus liés au groupe de motards. Depuis, l’avortement des mégaprocès a permis la remise en liberté d’au moins 66 full patch pour l’instant.

Minimum six Hells

Pour rouvrir la section Quebec City, un minimum de six membres en règle devaient s’unir. Selon les informations obtenues de sources bien informées, au moins sept full patch sont actifs dans la région.

Parmi eux se trouve Marc «Tom» Pelletier, considéré comme le numéro un du chapitre de Québec avant SharQc. Il a repris du service depuis sa libération et demeure haut placé dans l’organisation.

Six autres personnes aussi arrêtées lors de la mégaopération seraient impliquées dans la réouverture du chapitre de la Vieille Capitale.

Pas encore de local

Selon nos informations, aucun local des HA n’a encore été ouvert à Québec. Mais l’éventuelle implantation d’un bunker ne serait pas une grande surprise pour les autorités policières.

L’ouverture du chapitre de Québec donne une bonne indication de la santé des motards au Québec. Cela s’inscrit aussi dans la suite logique de la mise en place l’été dernier d’un chapitre au Nouveau-Brunswick par un ancien membre de Québec, Emery «Pitt» Martin.

Les HA, qui ont déjà la mainmise sur l’est du Québec et qui contrôlent 90 % du marché de la drogue au Québec, principalement celui de la cocaïne, se sont donc dotés d’une force interprovinciale. Une source prévient d’ailleurs que les HA ne tarderont pas à se montrer dans les lieux publics et ainsi réaffirmer leur présence.

Une escouade pour les traquer

 

Jeffrey Plourde, bras droit du coordonnateur des ENRCO à Québec, et Benoît Dubé, coordonnateur des ENRCO.
Photo d'archives Stevens LeBlanc
Jeffrey Plourde, bras droit du coordonnateur des ENRCO à Québec, et Benoît Dubé, coordonnateur des ENRCO.

Loin d’être surprises par le réveil des Hells Angels à Québec, les escouades de lutte au crime organisé de la région affirment être «prêtes pour le retour» des motards avec deux équipes d’enquêteurs dont 14 limiers de la GRC qui viennent tout juste de joindre leurs rangs.

Malgré la libération d’une majorité de membres en règle des Hells Angels avec la fin précipitée des procédures judiciaires suivant SharQc 2009, les autorités policières affectées au crime organisé n’ont pas cessé de pourchasser les criminels. Une nouvelle structure d’enquête en trois axes, qui tient compte des failles des mégaprojets comme SharQc, a été mise en place.

Têtes dirigeantes

«On était prêt à réagir», assure Benoît Dubé, capitaine de la Sûreté du Québec et coordonnateur des ENRCO (Escouade nationale de répression du crime organisé). Deux escouades, une à Montréal, l’autre à Québec, ont été formées.

«Ils s’attaquent quotidiennement aux têtes dirigeantes», explique l’enquêteur Dubé.

L’ENRCO de Québec regroupe deux équipes d’enquêteurs dirigées par Jeffrey Plourde, un enquêteur du Service de police de la ville Québec qui vient de voir son équipe s’agrandir avec l’ajout de 14 policiers de la GRC dans les bureaux de Québec.

«Dans l’est de la province on n’a pas de présence de la mafia, c’est 100 % motards, donc 100 % Hells Angels», explique Jeffrey Plourde. Dans le commerce de la drogue, les gangs de rue sont un phénomène essentiellement montréalais.

À Montréal, ENRCO a déjà démontré son efficacité avec le projet Magot-Mastiff qui a décapité «l’Alliance» avec l’arrestation de 27 dirigeants de la mafia, des Hells Angels et de gangs de rue.

«Magot est un bon exemple dans lequel on s’est attaqué aux têtes dirigeantes. On ne veut plus arrêter 150 gars dans un projet», explique Benoît Dubé.

Compter sur les ERM

La structure peut aussi compter sur les ERM (Escouades régionales mixtes) qui continuent d’être actives. Ces escouades s’attaquent quant à elles aux clubs-écoles des motards.

Ce fut notamment le cas le 13 janvier dernier lorsqu’une soixantaine de policiers dirigés par ERM Québec ont fait irruption dans le local des Dark Souls à Scott.

L’opération a permis de fermer ce bar clandestin qui opérait au vu et au su des citoyens.

Finalement, les unités de luttes aux stupéfiants des corps policiers agissent localement contre les revendeurs de rue. «On travaille la structure de haut en bas avec tous les partenaires qu’on a dans la structure», complète Jeffrey Plourde.