/news/currentevents
Navigation

Un bateau de pêche électrique gaspésien?

Ocean Marine veut une embarcation 100% à l’électricité

François R. Bossé, vice-président d’Ocean Marine, Brent Perry, de Plan B Energy Storage, et Danny Boyle, président d’Ocean Mari­ne au Electric and Hybrid Marine World Expo d’Amsterdam, en juin 2016.
photo courtoisie danny boyle François R. Bossé, vice-président d’Ocean Marine, Brent Perry, de Plan B Energy Storage, et Danny Boyle, président d’Ocean Mari­ne au Electric and Hybrid Marine World Expo d’Amsterdam, en juin 2016.

Coup d'oeil sur cet article

CHANDLER | Un fabricant de bateaux de la Gaspésie travaille à concevoir un bateau de pêche électrique, qui serait le premier à être mis en marché en Amérique.

«La technologie existe, les batteries existent, les moteurs électriques existent, il ne reste qu’à intégrer tout ça pour la pêche», résume le président d’Ocean Marine, Danny Boyle.

L’entreprise veut relever ce défi d’ici la saison de pêche 2018. Au démarrage, six emplois seront créés.

«Pour les pêcheurs, le premier avantage d’un navire qui fonctionne à l’électricité est l’absence de bruit. On élimine ce problème qui peut être nocif à la longue pour eux et qui peut leur créer des problèmes auditifs. Il y a aussi la réduction de la pollution», dit M. Boyle.

Comme les navires de pêche sont constamment arrêtés, mais que le moteur tourne encore, il semble logique d’éliminer le diesel comme source d’énergie, selon M. Boyle.

Le premier bateau fabriqué sera hybride, c’est-à-dire qu’il sera aussi muni d’une petite génératrice fonctionnant au diesel qui servira à recharger la batterie pendant que le bateau ne se déplace pas. Mais l’objectif de M. Boyle est de concevoir un bateau qui sera 100 % électrique.

Autonomie

«Nous sommes en train de mettre au point des algorithmes pour que les pêcheurs puissent passer tout leur temps de pêche en mer, soit environ sept heures, sur leurs batteries et d’assurer à 100 % le retour à sa zone de recharge prédéfinie», ajoute Danny Boyle. Le but est que si la charge venait à manquer, ce serait comparable à une panne d’essence ou à un bris de moteur dans le cas d’un bateau traditionnel.

M. Boyle a travaillé dans l’électronique maritime et la marine marchande internationale. Il a été inspecteur maritime pour des sociétés de classifications internationales avant de fonder Ocean Marine en 2001. L’entreprise a entre autres vendu et installé les équipements électroniques de la flotte maritime de la Sûreté du Québec et a installé des radars de détection de glace pour Shell en Alaska.

Deux cibles principales

Comme il n’y a pas de maintenance, que le moteur a une plus longue durée de vie et qu’il n’y a pas d’achat de diesel à faire, l’entreprise estime qu’un acheteur rentabilisera son investissement en quelques années, surtout si le gouvernement accepte d’appliquer un crédit à l’achat comme il le fait pour les véhicules électriques.

L’entreprise cible les pêcheurs de homards gaspésiens en premier lieu. Leurs navires sont vieux et prêts à être remplacés. La Norvège est aussi ciblée par l’entreprise installée à Chandler, en Gaspésie.

 

Chiffres

Coût d’achat

  • entre 450 000 $ à 500 000 $ (50 000 $ plus cher qu’un bateau traditionnel)

Coût en carburant

  • bateau traditionnel 6000 $ de diesel/année
  • bateau électrique 300 $ d’électricité/année