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Emprisonné à cause de son nom, il poursuit Repentigny

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Emprisonné par erreur pendant quatre jours, un entrepreneur de Lanaudière poursuit la Ville de Repentigny pour 67 500 $ parce qu’on l’a confondu avec un homme recherché pour trafic de drogue portant le même nom que lui.

«Je capotais. Je me demandais si j’avais manqué un bout de ma vie, je ne comprenais pas pourquoi on m’arrêtait», relate Sébastien Breton.

M. Breton s’est retrouvé derrière les barreaux à la suite d’une interception de routine des policiers de Repentigny­­, le 23 juin 2016.

Les agents l’informent qu’ils ont quatre mandats contre lui, trois pour des contraventions impayées et un pour une affaire de trafic de drogue à Saint-Jérôme en 2011.

Ce dernier mandat concernait un autre homme portant le même nom que lui.

Manque de rigueur

M. Breton croit que les policiers qui l’ont intercepté ce jour-là ont manqué de rigueur­­, puisqu’il n’a pas la même date de naissance que l’homme qu’ils recherchaient.

«Dans les bars, les portiers sont capables de lire une date de naissance. Il me semble que ça doit aussi être dans les compétences des policiers», dit M. Breton, qui aura passé au total quatre jours derrière les barreaux avant de comparaître devant un juge.

Le père de famille souhaite obtenir une réparation pour cette mésaventure.

«C’est très humiliant et ordinaire­­. Je crois que les autorités­­ ne se rendent pas compte de la gravité d’arrêter quelqu’un qui n’a rien fait. C’est toute une famille qui en subit les conséquences», souligne­­ M. Breton.

Graves conséquences

Pour Pierre Trudel, professeur en droit public, les autorités doivent être plus rigou­reu­­ses dans de telles situations.

«Les policiers ne peuvent pas manquer leur coup, car les conséquences sont graves. Emprisonner quelqu’un par erreur et dire après “oups! ce n’est pas la bonne personne”, c’est quelque chose de révoltant», dit-il.

La Ville de Repentigny n’a pas commenté le dossier puisqu’il est judiciarisé.