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Mondiaux de Lahti: le passé ne compte plus

Le podium, un gros contrat pour le relais canadien

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AFP C’était le 22 janvier dernier à Ulricehamn, en Suède, où Len Valjas, Alex Harvey, Knute Johnsgaard et Devon Kershaw décrochaient un premier podium canadien masculin de l’histoire dans un relais en Coupe du monde. Le Canada pourra-t-il vivre la même euphorie demain aux mondiaux en Finlande?

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LAHTI | Alex Harvey et trois équipiers ont décroché un premier podium au relais en janvier pour écrire l’histoire canadienne en Coupe du monde. Bravo, mais les championnats mondiaux imposent la même commande insensible à tous: veuillez remettre vos compteurs à zéro, messieurs.

Les Canadiens s’attaqueront au relais 4 X 10 km de vendredi dans un scénario autre que celui du 22 janvier à Ulricehamn. Plusieurs contradictions opposent l’épreuve de 4 X 7,5 km de la Suède, où les Canadiens avaient terminé troisièmes, à la Finlande de cette semaine.

«C’est sûr qu’on n’est pas dans les cinq pays favoris», concède Harvey, pour qui il s’agira d’une première épreuve depuis le sprint par équipe de dimanche dernier, dans lequel il a fini sixième avec Len Valjas.

Beaucoup de différences

Ici à Lahti, le parcours en style libre, réservé aux troisième et quatrième relayeurs, se veut plus exigeant que celui en style classique, soit tout le contraire de l’exercice précédent de janvier. La durée du match de demain, plus demandante, s’additionne aussi à une plus grande concentration des forces dans chacun des pays, supérieure à celle d’il y a six semaines où la Norvège, la Suède et la Russie avaient aligné chacune deux quatuors.

Puis, par-dessus-tout, il y a l’enjeu. Les championnats mondiaux offrent un prestige qui n’a rien à voir avec celui d’une Coupe du monde.

«Les favoris sont assurément les Norvégiens. Ensuite, je mettrais les Russes parce qu’ils finissent avec Sergey Ustiugov, les Suédois parce qu’ils sont champions olympiques en 2010 et 2014, les Finlandais parce qu’ils sont chez-eux et les Français qui ont obtenu des podiums à Sotchi (3e) et Falun (3e en 2015)», observe le Québécois.

Harvey au 3e relais

L’ordre de course des Canadiens prévoit Graeme Killick et Devon Kershaw pour les deux segments en classique, suivis de Harvey et de Len Valjas en style libre.

«On pense que la Norvège va envoyer Sundby et la Suisse, Cologna, dans le troisième relais avec moi. Je sais qu’ils vont y aller «dans le fond». Le but sera de rester avec eux», projette Harvey.

Une question se pose toutefois pour le relais précédent en classique, que doit assumer Kershaw.

«Les Finlandais et les Norvégiens vont probablement envoyer leurs deuxième meilleurs gars. Devon semble bien se sentir présentement. On va voir aujourd’hui», nous disait le Québécois.

Cette affirmation a été lancée avant le départ individuel de 15 km en style classique de mercredi, dans lequel Kershaw a terminé 35e, à 3 m 25 s du gagnant Iivo Niskanen, l’un de ses concurrents immédiats pressentis dans la course de vendredi. Visiblement furieux de sa performance, Kershaw n’a pas répondu à notre invitation de commenter dans l’aire des médias après sa course. Sa réaction fut le seul indice pouvant nous renseigner sur ses sensations!

Scénario idéal

Dans le meilleur scénario, Harvey se verrait bien s’envoler avec Martin Johnsrud Sundby, un Russe ou un Suédois pour se distancer du peloton avant de donner le relais ultime à Len Valjas.

« Le top 3 serait établi. Si les Norvégiens et les Suédois sont là, ils vont vouloir y aller plus en stratégie et se réserver pour la victoire. Len serait alors capable de rester avec eux sur plus de kilomètres», imagine Harvey.

Jusqu’à nouvel ordre, ce déroulement n’est que le fruit de l’imagination...

Harvey tourné vers le 50 km

Sans jouer au défaitiste, Alex Harvey envisage sa participation au relais 4 X 10 km de vendredi davantage comme une préparation pour le 50 km en style libre de dimanche, certes l’épreuve la plus en vue des mondiaux de Lahti.

Après des sorties légères en ski de deux heures le matin et d’une autre en après-midi, mardi et mercredi, le Québécois testera des skis et augmentera en intensité sa préparation aujourd’hui dans le but de «repartir la machine».

«Je suis relaxe et je me sens bien. Le 50 km, j’y crois vraiment. Le but, c’est encore de repartir d’ici avec un podium», nous a-t-il redit.

Sundby: pas cette fois encore

Martin Johnsrud Sundby a échappé mercredi une autre occasion d’obtenir ce qui manque à sa collection: un titre mondial individuel. Malgré l’absence du jour de l’infaillible russe Sergey Ustiugov, le Norvégien a terminé deuxième du 15 km en style classique en étant victime, lui aussi, de la foule qui a littéralement transporté le Finlandais Iivo Niskanen jusqu’à la médaille d’or.

Sundby a gagné tout ce qui était possible dans sa carrière, soit le Tour de ski, des mini-tours, le globe de cristal, etc. Mais jamais il n’est monté seul sur la première marche d’un podium, autant aux Jeux olympiques qu’aux championnats du monde.

«Je pensais pourtant avoir fait la meilleure course de ma carrière et je ne pouvais pas croire, quand j’ai terminé, que j’étais à 17 secondes de Iivo. C’est dur pour le moral, mais il faut avoir l’esprit sportif et saluer ce qu’il a accompli», a exprimé le Norvégien, qui avait aussi terminé deuxième au skiathlon de 30 km de samedi dernier derrière Ustiugov.

15 km style classique - Résultats

1-Iivo Niskanen, Finlande, 36 m 44 s
2-Martin Johnsrud Sundby, Norvège, + 17,9 s
3-Niklas Dyrhaug, Norvège, + 31,3 s
35-Devon Kershaw, Canada, + 3 m 25 s
56-Knute Johnsgaard, Canada, + 5 m
66-Jesse Cockney, Canada, + 6 m 21 s
(89 concurrents, 37 pays)