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Des centaines de camps abandonnés dans le Nord

Le nettoyage des sites risque de coûter très cher

VOY-SECRETS-NUNAVIK
Photo Agence QMI, FRéDéRIQUE SAUVéE La situation, déjà préoccupante, risque d’empirer avec l’interdiction de la chasse au caribou pour le troupeau de la rivière aux Feuilles, qui entrera en vigueur en 2018.

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Il y a des centaines de camps laissés à l’abandon au nord du Québec et la fin de la chasse au caribou risque d’envenimer la situation.

«C’est très courant de voir des camps abandonnés, des avant-postes pour la chasse au caribou de l’époque ou au bord des lacs. C’est sûr qu’à moyen terme il faudrait nettoyer tout ça, surtout les sites où il y a du mazout», indique Gilles Lapierre, de l’Association des pilotes de brousse du Québec.

Parfois, les ours ont fait le ménage et les débris sont visibles à distance. «Ce n’est pas tout le monde qui a quitté le territoire dans l’ordre. Parfois, les pourvoiries ont fait faillite et on n’a pas nettoyé avant de partir. On peut parfois voir des amoncellements de canettes de bière», a-t-il souligné.

Fin de la chasse aux caribous

L’annonce de Québec d’interdire la chasse au caribou pour le troupeau de la rivière aux Feuilles en 2018 a un précédent. La chasse sportive du troupeau de la rivière George a été interdite en 2011 en raison de la chute très importante de la population de l’espèce.

À ce moment-là, un grand nombre de pourvoiries ont fermé leur porte. Mais elles ne sont pas les seules responsables des déchets qui jonchent ce territoire vierge et sauvage. Les nombreux camps de prospection minière laissent aussi leur marque.

Samuel Paquet, pilote et copropriétaire de Norpaq, qui fait du transport de marchandises et qui exploite une pourvoirie de pêche au saumon, affirme qu’il y aurait plusieurs centaines de camps abandonnés dans le Nord. «Si vous voulez mon avis, c’est le gouvernement qui est responsable. Chacune de ces pourvoiries avait un permis. À une époque il y en avait vraiment beaucoup. C’est l’État qui a délivré ces permis», note-t-il. Il doute toutefois que le Québec aille réellement procéder au nettoyage. «Certains de ces camps sont abandonnés depuis 30, 40 ans. Pourquoi ils feraient le ménage aujourd’hui?» dit-il.

Pas d’argent pour les pourvoiries

Québec a annoncé dans son dernier budget qu’il débloquerait 620 M$ pour nettoyer les sites miniers abandonnés. Cette somme permettrait le nettoyage de 80 % des sites miniers, selon le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Cela comprend 50 sites d’exploration sur le territoire du Nunavik et 213 sites d’exploration sur le territoire d’Eeyou-Istchee-Baie-James.

Pas un mot, toutefois, au sujet des pourvoiries.