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La classe de Mme C.: des petits Pinocchio

nio jugando con la nieve
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On tue la Une. J’ai tout un scoop. Bien plus percutant que le congédiement d’un entraîneur.

Il arrive aux enfants de mentir.

Peut-être jamais à la maison.

Mais à l’école, oui.

Par fierté devant les autres. Ou pour éviter une conséquence. À cause d’un sacre échappé, une course dans le corridor. Une balle de neige.

Tous les enfants essaient de s’en sortir. Au moins une fois.

Je ne parle pas ici de situations d’intimidation ou de conflits graves. Qui méritent une oreille et une paire de lunettes autres.

Mais des petits faux pas du quotidien.

Les Aristochats

Je surveille sur la cour. Trônant sur la butte de neige où je bénéficie d’une vue imprenable.

Ça joue activement près des balançoires. Frénésie d’avant relâche.

Une dizaine de gars. On dirait des bébés chats. De ruelle. Qui se roulent dans la neige. Se tirent le pompon. Se pourchassent.

Ils vident ou rechargent leur batterie.

Avec mon air de mère supérieure, je les surveille. Ils m’ont vue, sur ma montagne.

Tout s’aligne vers un coup de botte gelée sur la bouche.

Je descends vite vers eux. Espérant qu’à mon approche, ils modèrent leur transport.

En voilà un qui ne m’a pas vue et qui s’élance. Je ne le reconnais pas, mais il porte un manteau rouge. Le seul de la gang. Une tuque en glaçon sur le bout de la tête.

Manteau rouge fait une jambette à manteau noir. Belle fouille dans la neige folle. Tous rient fort. Incluant le «jambetté».

Je ne peux évidemment laisser passer le geste: pas de jambettes à l’école. Et les garçons le savent.

Tellement qu’ils me font une haie d’honneur pour faciliter mon accès à Manteau rouge, encore dans le nuage de neige.

À qui j’annonce le billet de manquement et sa conséquence.

Il se retourne. Tout en bloc: «Je n’ai rien fait!»

Ma phrase préférée! Surtout quand je suis aux premières loges.

Je le reconnais. C’est Mathieu, dans la classe d’à côté.

Zut.

Blanc comme neige

J’imagine déjà la réplique des parents dans son agenda, demain. Me relatant ce qui s’est «vraiment» passé.

Pas un message pour mieux comprendre ou donner leur appui, comme le font la majorité des parents.

Non. Pour contester.

Les parents de Mathieu, c’est connu, ont un don. Ils savent avec exactitude, sans y être, tout de la cour d’école.

Et en plus de ce don fabuleux, ils sont choyés. Ils ont un enfant qui dit toujours la vérité.

Et qui ne fait jamais de jambettes non plus. Pas même pour s’amuser.

Cruels constats

J’espère qu’ils ne liront pas ma chronique.

Apprendre en même temps que son enfant peut mentir, comme bien des enfants. Qu’il lui arrive de jouer un peu fort sur la cour, comme bien des garçons.

Et qu’en plus, l’école n’agit pas contre, mais pour leur enfant.

...et que les profs ont bien d’autres choses à faire que de remplir des billets de manquement non mérités.

Ça fait beaucoup.

...vivement la relâche!