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2 adresses, 2 ambiances

La fête dans la résidence des farteurs tranchait avec la tranquillité dans celle des athlètes

Le personnel de soutien de l’équipe canadienne a posé joyeusement avec le champion du monde Alex Harvey, dont son entraîneur Louis Bouchard (2e debout à partir de la gauche).
Photo Alain Bergeron Le personnel de soutien de l’équipe canadienne a posé joyeusement avec le champion du monde Alex Harvey, dont son entraîneur Louis Bouchard (2e debout à partir de la gauche).

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LAHTI | Deux maisons voisines sur la même rue: l’une étonnamment tranquille dans laquelle un champion du monde prenait son repas du soir, l’autre follement animée par un personnel de soutien fier de la journée. Bienvenue sur la rue Tarjantie!

En début de soirée, trois heures après qu’il eut remporté la plus prestigieuse épreuve des championnats du monde, Alex Harvey était attablé avec les neuf autres athlètes de l’équipe canadienne. On se serait cru un soir de septembre, au terme d’une journée d’un camp d’entraînement en Utah. Aucun cri de joie, encore moins de la part de la vedette du jour, juste des échanges relaxes entre gars et filles sur divers sujets.

Ce n’est pas terminé

Comme c’était le cas depuis deux semaines dans cette résidence, l’une des quatre qu’avait louées l’équipe canadienne à Lahti, le chef suédois Mathias Eriksson venait de soigner «ses» athlètes pour lesquels il a été engagé durant leur séjour en Finlande. La table bien garnie ne comportait même pas un verre de vin, encore moins les bulles d’un champagne.

Pas le goût de célébrer un peu? a-t-on demandé au nouveau roi mondial.

«Ce serait le fun, mais il y a d’autres courses à venir et je suis quatrième au classement de la Coupe du monde. On va célébrer comme il faut rendu à Québec avec tous mes amis aussi. Juste les moments qu’on a vécus tous ensemble, tout de suite après ma victoire à l’arrivée, ce sont de belles célébrations», a répondu Harvey.

Une récompense

À l’adresse voisine, où logent les farteurs et le personnel technique, les décibels dans le plafond attestaient qu’il venait bel et bien de se passer quelque chose avec cette équipe.

«Je ne sais pas pour les autres sports, mais dans le nôtre, c’est incroyable les moyens qu’il faut déployer. On a toutes sortes de machines et, parfois, selon le résultat, on a l’air de cons. Mais d’autres fois, on a une récompense. Celle-là, on va la prendre», a expri­mé le technicien en chef de l’équipe, Yves Bilodeau, avant que la traditionnelle chanson We are the champions ne traverse la cuisine.

«Les techniciens travaillent tellement fort et c’est crève-cœur pour eux parce qu’ils nous donnent des super skis. Si je prends l’exemple du skiathlon (30 km le samedi 25 février), j’avais un ski cassé dans la portion en classi­que et je suis quand même arrivé premier dans l’échange en style libre. Pourtant, ce jour-là, j’ai fini cinquième et j’avais pourtant fait une bonne course», rappelle l’athlète de 28 ans.

«Quand une course commence à 11 h, ils sont sur la piste à 6 h du matin pour tester des skis, ce qui veut dire qu’ils se sont levés à 5 h. Ils font de grosses journées. C’est dur, leur travail», a louangé le champion.

Longue nuit

On devine que la soirée allait se prolonger dans le repaire des techniciens. Dans celui du champion, les lumières se sont éteintes beaucoup plus tôt. Sûrement pas les yeux, par contre. «Je commence un peu plus à le réaliser, disait la vedette de la journée. J’imagine que je vais avoir de la misère à m’endormir cette nuit. C’était comme ça même quand j’ai fini deuxième et troisième aux derniers championnats...»