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Dallaire dénonce le peu d’argent consacré aux vétérans

Roméo Dallaire
Photo Chantal Poirier Roméo Dallaire
Ancien lieutenant-général

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OTTAWA | Les montants consacrés à soigner les vétérans et à prévenir les suicides sont carrément «inappropriés» en comparaison aux sommes astronomiques dépensées pour former les soldats et les envoyer à la guerre, s’insurge Roméo Dallaire.

C’est ce qu’a plaidé l’ex sénateur et ancien lieutenant-général, lundi, devant un comité parlementaire chargé d’étudier la question de la santé mentale et des suicides chez les anciens combattants.

«Quand vous regardez les milliards de dollars que nous dépensons pour entraîner ces personnes, les milliards de dollars que nous dépensons pour les équiper, même en munitions et en nourriture, en fournitures médicales, les milliards que nous dépensons pour les envoyer sur le terrain, réduire le nombre de victimes et gagner la guerre (...) et quand nous regardons l’argent que nous mettons réellement sur les êtres humains qui ont traversé tout cela, c’est grandement déconnecté», a déclaré M. Dallaire.

Budget « inapproprié »

Il a ajouté que le budget annuel en 2016 de 3,6 milliards $ du ministère des Anciens Combattants était «inapproprié» comparativement à «l’ordre de grandeur» de l’engagement pris à l’égard de ces militaires.

Le lieutenant-général a aussi fait valoir que la question des suicides dans l’armée et du trouble post-traumatique dont souffrent plusieurs vétérans n’est pas uniquement une question médicale, mais aussi de leadership. Selon M. Dallaire, la chaîne de commandement devrait être davantage avisée de la situation sans pour autant nier la question de confidentialité.

M. Dallaire a aussi parlé de l’importance de détecter rapidement ce «type de blessures» moins apparentes, mais qui ne font que s’empirer avec le temps.

Expérience rwandaise

L’ex-militaire, qui lançait la semaine dernière son livre Premières lueurs: «Ma blessure a pris naissance au Rwanda, mais elle s’est aggravée au Canada», est d’ailleurs revenu sur son expérience personnelle. Il a expliqué au comité que bien des années plus tard, il prenait encore 9 pilules par jour et consultait un psychologue et un psychiatre.

«Il y a des moments comme la semaine dernière, où mon livre a été lancé, et c’était catastrophique. Écrire ces livres est comme retourner en enfer. Il n’y a pas de valeur réelle pour moi, mais j’espère que ce sera utile pour les autres», a-t-il soutenu.