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Jean-Pierre Blackburn: Quoi de neuf?

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Le vieux routier conservateur Jean-Pierre Blackburn veut devenir le prochain maire de Saguenay. Il se lance au sein du parti des Citoyens, fondé par Jean Tremblay. Sans faire de l’âgisme, posons-nous la question: est-ce possible de faire du neuf avec du vieux?

Blackburn a porté les couleurs conservatrices dans la région sur quatre décennies. Député et secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale sous Mulroney, ministre du Revenu et du Travail sous Harper. Balayé par la vague orange en 2011, il se retrouve ambassadeur à Paris. Une fiche incontestablement impressionnante.

SUR LA BONNE ROUTE

On se doit de saluer sa décision de revenir dans la région pour faire partie de la vie politique active. Dans sa situation, plusieurs auraient sans doute préféré rester du côté de Paris avec les dignitaires et les flûtes de champagne. Seulement avec le nom et le renom, Jean-Pierre Blackburn a un pied dans la porte de l’hôtel de ville.

Ses premières déclarations au Journal sont encourageantes. Réparer les routes semble la priorité numéro un. Vraiment pas un mauvais choix, au moment où un citoyen réussit l’impossible exploit de gagner en cour contre la Ville pour les dommages subis à son automobile sur le Rang St-Paul...

Le maire Tremblay s’est vanté longtemps dans toute la province du faible taux de taxation de ses citoyens. Mais il a laissé Saguenay se dégrader en surface. On n’ose pas imaginer la tuyauterie en dessous. Si Jean-Pierre Blackburn veut remettre la maison en ordre après quelques années de laisser-aller, je vois très mal les citoyens s’en plaindre.

FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX

Pour moi, le modèle de campagne de feu Madame Andrée Boucher pour la mairie de Québec reste celui à suivre. En 2005, forte de son passé, de sa renommée et de son CV, elle avait décidé de se présenter en toute simplicité. Sans affiches, sans slogan et pratiquement sans équipe. Sa seule promesse: faire le ménage de la ville. Les routes, la tuyauterie, l’administration. À la surprise de plusieurs, elle avait été élue grâce à cette anti-campagne. Et sans son passage rigoureux à l’hôtel de ville, les gens de la vieille capitale n’auraient pas pu recommencer à rêver, à regarder en avant et à se bâtir un aréna. La vénérable dame reste celle qui aura donné le vrai coup de jeunesse à la ville.

Si Jean-Pierre Blackburn suit cette stratégie, je pense qu’il peut rapidement séduire des électeurs qui ont peut-être moins apprécié le maire Tremblay dans son dernier séjour. Même au sein de son parti. Même s’il fait partie d’une vieille génération de politiciens. Saguenay a besoin de rigueur, et d’une certaine dose de réalité. Oserais-je dire d’un peu de conservatisme?

Souhaitons que la candidature de Jean-Pierre Blackburn ne fasse reculer personne intéressé à la mairie, au Parti des Citoyens, à l’opposition ou ailleurs. Saguenay est mûr pour un débat d’idées sur l’avenir et les priorités. Plus les choix seront nombreux, plus les échanges seront intéressants et plus les électeurs seront servis. Nous en avons bien besoin.