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Le menu Barrette déjà critiqué

Des postes seront abolis en raison de la restructuration des repas dans les établissements de santé

Le ministre Gaétan Barrette avait invité élus et médias à découvrir les repas servis dans les CHSLD le 23 novembre dernier.
Photo courtoisie Le ministre Gaétan Barrette avait invité élus et médias à découvrir les repas servis dans les CHSLD le 23 novembre dernier.

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Postes abolis, portions trop petites et texture douteuse: le nouveau menu du ministre de la Santé Gaétan Barrette est vivement critiqué depuis le début du projet-pilote à Québec.

Les nouveaux plateaux standardisés pour les CHSLD et pour les établissements gérés pour les CIUSSS sont déployés à Québec depuis le début de l’année. L’entrée en vigueur du menu, dévoilé en grande pompe par M. Barrette à la fin novembre, est prévue pour l’an prochain à Montréal.

Pour le moment, le menu a été implanté dans trois établissements de la région, dont l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, où les repas sont préparés en gros, et à l’Hôpital Chauveau.

Selon un document interne obtenu par Le Journal, plusieurs pertes d’emplois sont à prévoir dans les prochains mois.

Uniquement au centre d’hébergement Saint-Augustin, qui compte 320 lits, pas moins de trois cuisiniers et cinq préposés devraient perdre leur poste. «On avait des postes vacants et on profite de cette opportunité-là», a expliqué Marc Thibault, le directeur de la logistique au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

«Deux déjà ont été replacés comme cuisinier», assure-t-il, ajoutant qu’il doit régler un enjeu de pénurie de main-d’œuvre.

Le sauté de bœuf avec des pommes de terre et des betteraves en purée de l’Hôpital Chauveau.
Photo courtoisie
Le sauté de bœuf avec des pommes de terre et des betteraves en purée de l’Hôpital Chauveau.

Plaintes

Les nouvelles assiettes sont déjà critiquées par des employés et certaines clientèles des établissements du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Depuis qu’il est en service, ce menu est aussi servi dans les cafétérias pour les employés ainsi que pour la clientèle en santé mentale, comme des jeunes aux prises avec des problèmes en toxicomanie. Tout le monde mange la même chose, qu’ils soient vieux ou jeunes, en santé ou malades.

Selon nos informations, des plaintes ont déjà été formulées aux établissements, car les portions ne seraient pas adaptées à ces clientèles. Par exemple, les quantités seraient beaucoup trop petites pour les jeunes toxicomanes qui reçoivent des soins à l’Institut en santé mentale. «Des jeunes ont même lancé des plateaux», a souligné l’une de nos sources.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale indique que les gens peuvent réclamer des «portions augmentées».

Le filet de merlu en croûte d’épices, avec patates pilées et légumes bouillis auxquels Le Journal a goûté.
Photo courtoisie
Le filet de merlu en croûte d’épices, avec patates pilées et légumes bouillis auxquels Le Journal a goûté.

Réplique syndicale

De son côté, Ann Gingras, la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), n’est pas surprise des informations recueillies par Le Journal.

«Je n’ai pas de misère à croire ça. Ce n’était pas au départ le projet de M. Barrette. Lorsqu’il a fait son spectacle au Centre des congrès, c’était d’améliorer la qualité et l’offre pour les personnes aînées en CHSLD et centre d’hébergement, a-t-elle dit. C’est rendu du standard mur à mur.»

Des plats trop froids

Des crèmes pour les aînés

Le Journal a réussi à goûter au nouveau menu sur l’heure du dîner à l’Institut universitaire en santé mentale. Spécialité du jour: filet de merlu en croûte d’épices avec patates pilées et légumes bouillis. Le tout... un peu froid. Aussi, toutes les soupes se sont transformées en crèmes afin de satisfaire les aînés. Le Journal a mis la main sur le menu détail­lé et plus aucun bouillon conventionnel, comme une soupe au poulet et riz, n’y apparaît. «Ça n’a pas de bon sens. Les besoi­ns des aînés ne sont pas nécessairement les besoins des jeunes et de la popu­lation générale», a commenté Ann Gingras, la présidente du Conseil centrale de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

CIUSSS

Commentaires différents

«C’est du douteux», a laissé tomber un employé contacté par Le Journal. Hier, le CIUSSS a servi aux résidents de l’Hôpital Chauveau et de l’Institut universitaire en santé mentale un sauté de bœuf avec des pommes de terre et des betteraves en purée. Les bénéficiaires pouvaient également choisir la fricassée de dinde sauce aux canneberges.

Le CIUSSS a affirmé ne pas avoir reçu de plaintes en ce qui a trait à la nourriture. «Je vous dirais qu’on a plutôt de bons commentaires», a décrit Marc Thibault, le directeur de la logistique au CIUSSS de la Capitale-Natio­nale.

Abolitions de postes

De cuisinier à concierge

Selon nos informations, des postes de cuisiniers et de préposés aux aliments seront abolis. Les permanents qui occupent ces emplois seront réaffectés à d’autres tâches, et ce, pour le même salaire. Le Journal a d’ailleurs appris qu’un aide-cuisinier avait déjà été réaffecté l’an dernier, lors d’une restructuration, à l’entretien des immeubles comme journalier. Formé et payé comme cuisinier, l’homme déneige aujourd’hui des entrées. «Je peux vous dire que ce n’est pas du tout la même échelle salariale. Un cuisiner, c’est mieux payé», a expliqué Anne Gingras. Le CIUSSS a mentionné que les employés ont le choix, lors de restructuration, de choisir où ils désirent travailler.