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1968 - La Trudeaumanie

Pierre-Elliott Trudeau
Photo d'archives Pierre-Elliott Trudeau

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Élu à la tête du pays en juin 1968, Pierre-Elliott Trudeau est considéré par plusieurs comme l’homme le plus marquant du 20e siècle au Canada, et même ceux qui lui refusent ce titre le considèrent néanmoins comme le premier ministre canadien le moins traditionaliste de l’histoire.

Son arrivée au pouvoir coïncide avec l’entrée du Canada dans la modernité, s’entendent pour dire les historiens. La Trudeaumanie qui l’entoure tout au long des 16 années que durera son règne, avec une éclipse de quelques mois entre 1979 et 1980 au profit du conservateur Joe Clark, l’ont constamment poussé à l’avant-scène de l’information, tant comme acteur public que sur le plan personnel­­.

Le personnage

Pour les journalistes et les photographes, PET (son surnom populaire) se voulait une véritable mine d’or. Ses déclarations­­ tantôt drôles – « Je préfère embrasser les mères plutôt que leurs bébés » – en campagne électorale ou cyniques envers ses opposants – comme lorsqu’il traita Robert Bourassa­­ de mangeur de hot-dogs ou René Lévesque­­ de joueur de poker qui avait risqué trop gros et perdu, à la suite du rapatriement de la Constitution – ne laissaient personne indifférent.

Ses pirouettes au palais de Buckingham­­, son calme impertur­bable lors des manifestations, ses charmantes compagnes alors qu’il était toujours célibataire, tout était mis à contribution pour en faire un personnage plus grand que nature et entretenir son image auprès de ses admirateurs et électeurs.

Le dirigeant

S’il avait l’apparence d’un playboy, excentrique pour certains et arrogant­­ pour d’autres, Pierre-Elliott Trudeau marqua tout de même grandement l’histoire politique canadienne­­.

Farouchement convaincu des périls du nationalisme, il passa toute sa carrière à combattre cette idéologie et à considérer que le Québec devait être une province comme une autre, au sein d’une confédération multiculturelle centralisée à Ottawa.

Ses prises de position contre la souveraineté du Québec, non seulement jusqu’au référendum de 1980, mais par la suite lors des tentatives avortées des accords de Meech et de Charlottetown et également lors du rapatriement de la Constitution de 1982, démontrent à quel point il a joué un rôle crucial dans la construction du Canada actuel.

De père en fils

Quelques jours après la mort de son père survenue le 28 septembre 2000, Justin Trudeau fait son éloge funèbre et certains commentateurs politiques, comme Claude Ryan, considèrent alors que le jeune homme pourrait bien décider de poursuivre son œuvre... Ils frappent dans le mille.

Justin Trudeau gravit les échelons et se retrouve dans le tourbillon d’une nouvelle Trudeaumanie qui ne se dément pas jusqu’à son élection de 2015. Sa popularité a reçu un bon coup de pouce lors de sa victoire à la boxe contre le sénateur conservateur Patrick Brazeau en mars 2012. Cette rencontre l’a rendu beaucoup plus sympathique aux yeux de nombreux électeurs potentiels.

Mais cette deuxième partie du phénomène de la Trudeaumanie est fort différente de la première. Alors que l’image du père était axée sur sa personnalité de frondeur érudit et distant, celle du fils est familiale et bon enfant et il répète à qui veut l’entendre qu’il est à l’écoute des citoyens et de leurs préoccupations­­.

Même souci toutefois de faire du Canada le pays du multiculturalisme, tout en rejetant toute forme de nationalisme qui pourrait nuire à cette vision héritée de son père.

Résultats de leurs élections respectives en 1968 et 2015
1968
  • 154 Parti libéral
  • 72 Parti progressiste-conservateur
  • 22 Nouveau parti démocratique
  • 14 Ralliement créditiste
2015
  • 184 Parti libéral
  • 99 Parti conservateur
  • 44 Nouveau parti démocratique
  • 10 Bloc québécois
  • 1 Parti Vert

Justin

Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire lors de l’élection fédérale du 19 octobre 2015.
Photo d'archives
Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire lors de l’élection fédérale du 19 octobre 2015.

• Né en 1971

• Élu pour la première fois en 2007

• Premier ministre­­ depuis 2015

Pierre-Elliott

Pierre Elliott Trudeau lors du lancement de sa campagne électorale à l’aéroport de Québec le 3 avril 1979.
Photo d'archives
Pierre Elliott Trudeau lors du lancement de sa campagne électorale à l’aéroport de Québec le 3 avril 1979.

• Né en 1919

• Élu pour la première fois en 1965

• Premier ministre de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984

• Loi des mesures de guerre 1970

• Abolition de la peine de mort 1976

• Référendum 1980

• Rapatriement de la Constitution et Charte des droits de la personne 1982

• Décès 2000

Le premier ministre et ses trois fils,
Justin à gauche, Alexandre à droite et Michel au centre, décédé dans une avalanche alors qu’il n’avait que 23 ans.
Photo d'archives
Le premier ministre et ses trois fils, Justin à gauche, Alexandre à droite et Michel au centre, décédé dans une avalanche alors qu’il n’avait que 23 ans.
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