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1976 - Un moment historique

1976 - Un moment historique

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Le 15 novembre 1976, après huit années d’existence, le Parti québécois de René Lévesque était porté au pouvoir. Le nouveau premier ministre du Québec avait claqué la porte du Parti libéral de Jean Lesage en 1967 pour fonder son propre parti.

Son engagement de tenir un référendum sur la souveraineté au cours de son mandat se réalisa en 1980, mais il subit la défaite en récoltant moins de 40 % d’appui, ce qui ne l’empêcha pas d’être réélu en 1981.

Il devait finalement quitter la vie politique en 1985.

René Lévesque était un fumeur invétéré et ne s’en cachait pas, une habitude qu’aucun politicien actuel ne se risquerait à révéler, de crainte de
ternir son image.
Photo d'archives
René Lévesque était un fumeur invétéré et ne s’en cachait pas, une habitude qu’aucun politicien actuel ne se risquerait à révéler, de crainte de ternir son image.

Les années sombres

Le PQ fut battu à plate couture en 1970 et en 1973, du moins en terme de députés élus, avec 7 la première fois et 6 seulement la seconde fois. Par contre, le nombre de voix augmentait, passant de 23 % à 30,2 %.

Toutes ces années, René Lévesque demeura chef de son parti et il réussit à maintenir le contact avec les citoyens en devenant, entre autres, chroniqueur au Journal de Québec et au Journal de Montréal de 1970 à 1976.

1976 - Fait cocasse, René Lévesque qui prêtait serment comme premier ministre du Québec au bureau du lieutenant-gouverneur du Canada, lors de l’élection de 1976.
Photo d'archives
1976 - Fait cocasse, René Lévesque qui prêtait serment comme premier ministre du Québec au bureau du lieutenant-gouverneur du Canada, lors de l’élection de 1976.

Les années de pouvoir

Sous sa gouverne, le Québec changea radicalement avec l’adoption de la Charte de la langue française (loi 101), de l’Assurance automobile, le financement des partis politiques, la protection du territoire agricole, l’abolition des clubs privés de chasse et pêche, etc.

D’autres secteurs furent toutefois parsemés d’embûches pour le chef du Parti québécois, comme la crise constitutionnelle, les négociations dans le secteur public et la division du Parti québécois à la fin du second mandat. En 1985, René Lévesque annonça son retrait de la vie politique.

1976 - Un moment historique
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Des adieux émouvants

Après un voyage autour du monde avec sa conjointe, Corinne Côté, et la publication de ses mémoires, Attendez que je me souvienne, René Lévesque avait décidé de revenir à ses premiers amours, le journalisme. Une crise cardiaque devait l’en empêcher le 1er novembre 1987 et il s’éteignit à l’âge de 65 ans.

On assista alors au plus grand concert d’éloges et d’amour qu’il ait été donné de voir à la suite du décès d’un homme politique dans l’histoire du Québec. Les gens défilèrent par dizaine de milliers devant son corps exposé à Montréal d’abord, puis au Parlement de Québec.

Même si René
Lévesque est mort depuis près de 30 ans, sa tombe est toujours visitée et fleurie par ceux qui se souviennent.
Photo d'archives
Même si René Lévesque est mort depuis près de 30 ans, sa tombe est toujours visitée et fleurie par ceux qui se souviennent.

Ses collègues et amis du PQ en parlèrent avec beaucoup d’émotion dans les articles publiés dans Le Journal au début du mois de novembre. Ses adversaires saluèrent «un grand démocrate qui a toujours défendu le Québec avec ardeur et sincérité» (Brian Mulroney) et «un personnage historique, un grand Québécois à qui survivra son combat pour la souveraineté, une idée qui n’est pas près de s’éteindre» (Robert Bourassa).

Quant à Pierre-Elliot Trudeau, avec qui René Lévesque croisa le fer pendant près de 20 ans, il se dit bouleversé lorsqu’il apprit la mort de ce dernier. Il souligna tout son respect pour lui et fit son éloge en tant que «grand Canadien français», refusant tout au long des entrevues qu’il donna de dire Québécois. «Un choix de mots qui dépeint très bien ce qui a divisé les deux hommes tout au long de leur vie», soulignait un analyste politique de l’époque, appelé à commenter les propos de Trudeau.

Élections du 15 novembre 1976
Parti québécois71 députés41,3 % des voix
Parti libéral du Québec1 députés33,8 % des voix
Union Nationale11 députés18,2 % des voix
Ralliement créditiste1 députés4,6 % des voix
Parti national populaire1 députés1 % des voix
Élections du 13 avril 1981
Parti québécois80 députés49,3 % des voix
Parti libéral du Québec42 députés46 % des voix

Un geste impardonnable

Le plus pénible moment de la carrière politique de René Lévesque fut sans contredit l’événement connu dans l’histoire du Canada comme la Nuit des longs couteaux, qui devait conduire au rapatriement unilatéral de la constitution sans l’accord du Québec.

Quelques jours après le décès de son prédé­cesseur à la tête du PQ, Pierre-Marc Johnson y allait de ces propos lors d’une entrevue accordée à quelques journalistes. Selon lui, les durs échecs électoraux de 1970 et 1973, pas plus que le «non» référendaire de 1980, n’ont jamais écrasé René Lévesque, parce que ces décisions étaient prises démocratiquement par le peuple québécois.

Pour M. Johnson, le rapatriement «méprisant» de la Constitution, décision prise par le gouvernement fédéral et les neuf autres provinces contre le Québec en 1981, était certes un événement que M. Lévesque n’avait jamais digéré et n’aurait jamais pardonné s’il vivait encore.

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