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Un party de Hells Angels sous haute surveillance

Les patchs sont de retour, signe que l’organisation revient en force au Québec selon des experts

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Boris Proulx et Améli Pineda

 

Des Hells ont parcouru des milliers de kilomètres samedi pour afficher leurs patchs avec leurs confrères de la Montérégie lors d’une fête surveillée de près par la Sûreté du Québec.

Leurs écussons bien en vue, des Hells Angels sont venus d’aussi loin que de la Colombie-Britannique et de l’Alberta pour souligner le 20e anniversaire du chapitre local, «South».

Les invités étaient logés dans deux hôtels de Saint-Hyacinthe, soit Le Dauphin et le Holiday Inn Express. Tous deux affichaient presque complet, samedi soir.

Des autopatrouilles de la Sûreté du Québec (SQ) étaient bien visibles au passage du Journal. Elles interceptaient les véhicules qui entraient ou sortaient du stationnement du Dauphin.

Après une brève discussion avec ses occupants, les agents les laissaient circuler.

Dans les couloirs des deux hôtels, des patchs des chapitres «Beauce», «Ontario» ou encore «Simcoe County» étaient portés fièrement, signe de l’appartenance au gang. Chaque nouvel arrivé était accueilli par de viriles accolades de ses confrères réunis au hall de réception.

Les écussons du chapitre «Quebec City» ont aussi pu être aperçus à Saint-Hyacinthe samedi. Ce groupe avait publicisé son retour dans la Vieille Capitale pour la première fois lors d’un rassemblement à Sorel en décembre.

Grand Retour

Les experts consultés par Le Journal voient dans cette nouvelle réunion un autre signe du retour en force des Hells Angels, dont de nombreux membres étaient jusqu’à récemment derrière les barreaux.

«L’opération SharQc en 2009 a décimé les Hells avec l’arrestation de 156 d’entre eux. Ça a créé un stress dans l’organisation, mais aujourd’hui, ils sont presque tous sortis de prison et reprennent leurs activités», affirme Paul Laplante, ancien capitaine de l'Escouade Carcajou de la SQ.

Le policier à la retraite Paul Laurier est du même avis.

«On n’a pas été capable de les poursuivre, donc ils vont en profiter. Le fait qu’ils soient maintenant sortis [de prison] et libres, ça montre qu’ils sont encore puissants», estime l’ancien sergent.

Il se rappelle la création du chapitre «South» en Montérégie, en 1997, en pleine guerre des motards. Il était alors patrouilleur proche des opérations.

«C’est obligatoire pour les Hells Angels de sortir avec leurs patchs et de faire des "partys". Ils reçoivent des émissaires des autres provinces pour faire des affaires, soit le transfert de l’argent de la drogue dans l’économie légale», explique-t-il.

Police

Un va-et-vient policier était visible près des hôtels de Saint-Hyacinthe et sur le chemin vers Saint-Pie, où de grands chapiteaux ont été érigés près d’une maison sur le rang Saint-François pour la fête de samedi soir.

Des policiers de plusieurs services étaient sur place afin de voir qui se présenterait à la petite fête. Les activités sont habituellement l’occasion pour les enquêteurs de prendre en photo les motards qui sont présents.

La Sûreté du Québec n’était pas en mesure de fournir des détails sur leurs activités de Saint-Hyacinthe, samedi.
 

– Avec l’Agence QMI