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Un arbitre retourne sur la glace après un coup de patin au cou

Vincent Parenteau
Photo Jonathan Guay

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Un arbitre de Sainte-Julie a eu la frousse de sa vie lorsqu’il a été coupé au cou par une lame de patin pendant un match de hockey, mais ça ne l’a pas empêché de retourner sur la patinoire un mois plus tard.

«J’ai été chanceux dans ma malchance, reconnaît Vincent Parenteau, qui a arbitré plus d’une dizaine de matchs depuis l’incident. Mais j’ai eu peur pour ma vie. En attendant les ambulanciers, j’ai demandé à la soigneuse si j’allais survivre.»

Vincent Parenteau a eu peur de perdre son oreille droite. La blessure cicatrisée, plus de deux mois après l’incident.
Photo Jonathan Guay
Vincent Parenteau a eu peur de perdre son oreille droite. La blessure cicatrisée, plus de deux mois après l’incident.

Le port d’un protège-cou n’aurait pas épargné cette blessure à l’étudiant de 20 ans. Mais les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves si la lame du patin avait touché la gorge ou une artère.

Beaucoup de sang

«Les blessures au cou sont très rares pour un arbitre, indique celui qui travaille encore aujourd’hui sans protège-cou. Je m’en voudrais si je devais me blesser gravement, mais je me dis que ça ne m’arrivera pas.»

Le 19 décembre dernier, Vincent Parenteau était à la ligne bleue lors d’un match scolaire avec contact entre l’école de la Magdeleine et le Collège Français, à Delson, en Montérégie.

Quand le porteur du disque – qui n’avait plus la rondelle – a instinctivement baissé le haut de son corps pour éviter une mise en échec, un joueur adverse a culbuté et son patin a heurté Vincent Parenteau derrière l’oreille droite.

«La mise en échec était proche de ne pas être réglementaire, se souvient l’officiel. Je n’étais pas étourdi sur le coup, mais, en touchant mon oreille, j’ai constaté qu’il y avait beaucoup de sang. Ça giclait...

«Je sentais que ça devenait chaud sur mes épaules, a-t-il poursuivi. Je ne voulais pas regarder le sang, car je me serais sûrement évanoui.»

Onze points de suture

Il a été transporté d’urgence, en ambulance, à l’Hôpital Anna-Laberge, à Châteauguay, où 11 points de suture ont été nécessaires pour refermer la lacération longue de cinq centimètres et profonde de deux centimètres. La lame a atteint Parenteau à quelques centimètres de l’artère carotide.

«J’ai essayé de rester calme à l’hôpital, mais, à l’intérieur de moi, j’étais effrayé, relate-t-il. J’avais vraiment peur de me vider de mon sang.»

Cette blessure, sans surprise, a perturbé sa fin de session. Il a reçu des exemptions d’examens pour certains de ses cours de sciences humaines au cégep de Saint-Hyacinthe.

«Je devais aller au CLSC tous les jours pendant deux semaines pour soigner la plaie et changer le bandage, indique-t-il. Ça saignait encore beaucoup.»

Protège-cou

Du côté de Hockey Québec, on ne veut pas exiger que tous les officiels portent un protège-cou.

«Il ne faut pas généraliser et prétendre que c’est un type de blessure récurrent, a souligné Peter Moraitis, arbitre en chef à la fédération. Vous êtes le premier à me rapporter un incident du genre. C’est une proposition intéressante qui, bien franchement, n’a pas été étudiée en profondeur.»

Pour sa part, Vincent Parenteau n’est pas contre l’idée d’un tel règlement. Mais il ne tient pas à amorcer le projet.

«J’ai peur du jugement des autres, dit-il. Je ne veux pas être vu différemment par les autres. J’ai simplement été malchanceux.»