/sports/ski
Navigation

Nul n’est prophète en son pays

«Une médaille d’or, ça ne veut rien dire au Canada», selon l’agent d’Alex Harvey

Le titre de champion du monde d’Alex Harvey n’a pas encore déclenché de réactions dans le marché de la commandite, selon son agent Denis Villeneuve.
Photo Annie T. Roussel Le titre de champion du monde d’Alex Harvey n’a pas encore déclenché de réactions dans le marché de la commandite, selon son agent Denis Villeneuve.

Coup d'oeil sur cet article

Un champion du monde en ski de fond qui rentre au pays n’a comme richesse assurée que son amou­reu­se et ses proches qui l’atten­dent. Bon retour à la réalité, Alex Harvey!

«Une médaille d’or aux championnats du monde de ski de fond, ça ne veut rien dire au Canada», constate, incisif, son agent Denis Villeneuve.

Pas d’impact immédiat

Parmi l’assistance venue accueillir à l’aéroport celui qui deviendra le visage le plus populaire de Québec cette semaine, cet homme est le premier à pouvoir témoigner de l’impact du titre mondial au 50 km décroché par Harvey la semai­ne dernière en Finlande.

C’est lui qui effectue les démarches de partenariats privés, qui en négocie les ententes et qui veille sur les questions fiscales de l’ensemble de ses revenus pour que tout soit conforme.

Or, depuis ce titre mondial, la sonnerie de son téléphone ne l’a pas fait sursauter plus souvent que dans les autres mois ou années d’avant.

Peut-être, croit-il, que la prochaine année olympique, avec tout le potentiel de visibilité qu’elle suggérera, augmentera la valeur de «son» athlète dans le marché de la commandite. Mais il se garde bien de s’emballer.

«J’ai l’impression que ça ne changera pas beaucoup de choses. C’est comme ça, ici. S’il y a un indice qui me laisse croire que ça peut mener à quelque chose, c’est qu’on a soudainement vendu plus de billets “VIP” pour les finales à Québec après la victoire d’Alex aux mondiaux», affirme Villeneuve.

« Les gens ne réalisent pas »

«Ça m’a fait capoter de voir que ce n’est pas devenu la nouvelle numéro un des médias au Canada», s’indigne Dominick Gauthier, directeur de B2Dix, quand il revoit ce dimanche de la médaille d’or du skieur québécois.

«Les gens ne réalisent pas ce qu’il s’est passé. Qu’on gagne en curling, je m’y attends parce que le Canada est le pays du curling, mais que le Canada ait gagné le 50 km individuel en Scandinavie, c’est hallucinant. Pour nous, c’est aussi fort qu’une médaille olympique», soutient le pivot de cette fondation privée qui soutient les athlètes d’excellence au pays, dont Alex Harvey depuis 2009.

Une année de 250 000 $

Un coup d’œil dans un jardin en retrait du champion mondial nous révèle que les revenus de sa saison atteindront, grosso modo, un peu plus de 250 000 $.

La liste des provenances se veut aussi longue que diversifiée: partenariats privés, bonis de performances, brevet fédéral et crédit provincial totalisant 28 000 $, bourses en Coupe du monde (46 000 $ jusqu’à aujourd’hui), etc.

Le Canada n’est pas la Norvège, où les icônes du pays, Martin Johnsrud Sundby et Marit Bjoergen, valent le gros prix pour s’associer à un produit. Pour Harvey, inutile de se prêter au jeu des comparaisons quand son bonheur se trouve à Québec.

«C’est sûr que ce serait plus gros, mais si tu compares avec le coût de la vie en Norvège, tout est relatif. Une maison à Oslo ne coûte pas le même prix qu’à Québec. C’est même plus cher qu’à Vancouver! Non, je suis bien. Je considère que je m’en tire bien avec les commanditaires que j’ai», nous avouait-il, quelques jours avant de rentrer à la maison.

L’accueil chaleureux de dimanche a dû le lui rappeler.