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Accident mortel à Sainte-Monique: il meurt intoxiqué par gaz dans un séchoir à bois

Le travailleur a été retrouvé inanimé hier matin dans le séchoir à bois. Son décès a été constaté sur place.
PHOTOS ROGER GAGNON Le travailleur a été retrouvé inanimé hier matin dans le séchoir à bois. Son décès a été constaté sur place.

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Un travailleur de 38 ans a perdu la vie de manière tragique hier matin dans une scierie de Sainte-Monique.

Selon toute vraisemblance, le travailleur aurait été intoxiqué par du monoxyde de carbone alors qu’il se trouvait à l’intérieur d’un séchoir à bois mis en opération il y a à peine un mois à l’usine TLT située dans la petite municipalité enclavée entre Péribonka et Mistassini.

«On a enregistré des valeurs très élevées de monoxyde de carbone à l’intérieur du séchoir», indique la porte-parole de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), Swann Thibault.

Le séchoir utilisé pour traiter du bouleau et du tremble

Plusieurs scieries du Québec utiliseraient cette nouvelle technologie de séchage.

L’usine a été fermée hier, et le bâtiment qui abrite le séchoir à l’origine du drame demeure fermé jusqu’à nouvel ordre. La CNESST a dépêché deux enquêteurs sur place hier. Leurs conclusions pourraient ne pas être connues avant plusieurs mois.

RETROUVÉ INANIMÉ

La victime, qui œuvrait depuis de nombreuses années à l’usine de Sainte-Monique, a été retrouvée inanimée en début de journée dans le séchoir à bois. Son décès a été constaté sur place par les services médicaux. Il se serait rendu dans le séchoir pour vérifier des sondes, et c’est à ce moment qu’il aurait respiré le gaz.

«Notre directeur d’usine est très affecté. C’est lui qui a essayé de réanimer [la victime]. Il faut prendre le temps de se réorganiser. On va penser d’abord aux travailleurs et faire le nécessaire pour que les choses se passent correctement», a indiqué l’un des propriétaires de l’usine, Claude Hébert. Ce dernier espérait pouvoir se rendre à Sainte-Monique jeudi pour soutenir ses employés.

TRAVAILLEUR DE LONGUE DATE

La victime était bien connue à l’usine, lui qui a pratiquement travaillé toute sa vie dans cette scierie.

«C’est un membre de la famille des fondateurs de l’entreprise. Il travaillait là depuis qu’il était jeune. C’est quelqu’un d’apprécié... Sainte-Monique, c’est gros comme ma main, tout le monde se connaît, ce sont tous des amis. À l’usine même, il y a beaucoup de familles qui travaillent là», a ajouté M. Hébert.

QUESTIONNEMENTS

Un des collègues de travail de la victime interrogé par TVA Nouvelles était toujours sous le choc hier.

«Comment ça se fait que c’est un équipement neuf et que c’est arrivé? On se pose des questions», affirme Mario Desbiens, qui n’avait que de bons mots pour le travailleur décédé.

«Il était toujours là, toujours impliqué. Souvent avec les séchoirs [...], quand il y avait un problème électrique, il m’appelait vu que c’est mon secteur. On était lié avec lui», raconte celui qui avait les larmes aux yeux en évoquant son collègue disparu.

Selon la direction, il n’y avait jamais eu d’accident mortel avant hier dans cette usine qui emploie environ 130 personnes sur les quelque 850 habitants de Sainte-Monique.