/misc
Navigation

1977 - De la fierté au «Far West»

Chaque Fête nationale est célébrée par des milliers de Québécois qui brandissent fièrement le drapeau fleurdelysé, comme ce fut le cas en 2009.
Photo les Archives, Jean-François Desgagnés Chaque Fête nationale est célébrée par des milliers de Québécois qui brandissent fièrement le drapeau fleurdelysé, comme ce fut le cas en 2009.

Coup d'oeil sur cet article

Du petit Saint-Jean-Baptiste frisé avec son mouton d’avant la Révolution tranquille, à Gens du pays de Vigneault, entonné lors de la Saint-Jean de 1975, la fête des Canadiens français est devenue au fil des ans le moment d’exprimer sa fierté nationale d’être québécois.

Le 11 mai 1977, par un arrêté ministériel, le gouvernement de René Lévesque fit du 24 juin la Fête nationale des Québécois. Fête qui s’est laïcisée peu à peu pour devenir la fête de tous les Québécois et pas seulement ceux d’ori­gine canadienne-française et catholique. Au cours des années qui ont suivi, sur les plaines d’Abraham, des dizaines de milliers de personnes assistèrent au spectacle du 23 juin qui se terminait invariablement par un immense feu de joie.

Le 21 juin 1976, le spectacle 1 x 5 était présenté pour la Saint-Jean au parc du Bois-de-Coulonge, avec Claude Léveillée, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault et Robert Charlebois. L’année suivante, la fête de la Saint-Jean devenait La Fête nationale des Québécois.
Photo d'archives
Le 21 juin 1976, le spectacle 1 x 5 était présenté pour la Saint-Jean au parc du Bois-de-Coulonge, avec Claude Léveillée, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault et Robert Charlebois. L’année suivante, la fête de la Saint-Jean devenait La Fête nationale des Québécois.

Dans les années 1970 et 1980, les fédéralistes ont reproché maintes fois au Parti québécois de faire de la récupération de cette fête à des fins politiques. Une accusation qui n’est pas sans fondement, que l’on pense à Pierre-Elliot Trudeau, chahuté et ciblé par toutes sortes d’objets lors de la Saint-Jean à Montréal, ou encore à Robert Bourassa, hué à chacune de ses apparitions à la Saint-Jean à Québec entre 1970 et 1976.

Chaque Fête nationale est célébrée par des milliers de Québécois qui brandissent fièrement le drapeau fleurdelysé, comme ce fut le cas en 2009.
Photo d'archives

Début de la fin

Après 1977, avec des spectacles grandioses et une ferveur nationaliste croissante, la Fête nationale était en pleine expansion... jusqu’à la fin des années 1980.

En 1991, un fêtard s’est tué en sautant dans le feu de joie et un autre est mort poignardé. Par la suite, la Fête nationale s’est transformée peu à peu en défou­loir pour atteindre son paroxysme au milieu des années 1990.

La police anti-émeute a dû intervenir à plusieurs reprises au cours de la fête à partir de la fin des années 1990.
Photo Les Archives, Daniel Mallard
La police anti-émeute a dû intervenir à plusieurs reprises au cours de la fête à partir de la fin des années 1990.

Bagarres entre gangs, émeutes contre les forces de l’ordre, saccage de commerces dans le Vieux-Québec, la fierté avait fait place au dépit. Puis, au début des années 2000, la fête est devenue une immense beuverie.

Un shérif dans la ville

En 2009, une foule record envahissait les Plaines et, le 24 juin, le parc et ses alentours ressem­blaient à un dépotoir. Les autorités en vinrent à souhaiter du mauvais temps lors des festivités, pour que les gens restent chez eux.

En juin 2011, le maire Régis Labeaume convoquait la presse : «Fini le Far West», lançait-il. Depuis, la fête est aussi encadrée que le Festival d’été ou le Red Bull Crashed Ice. Points de contrôle, pas de boisson dans les rues ou sur les sites, clôtures, sécurité accrue, etc.

Les lendemains de Fête nationale, comme ici en 2011, les plaines d’Abraham ont besoin d’un bon nettoyage.
Photo d'archives
Les lendemains de Fête nationale, comme ici en 2011, les plaines d’Abraham ont besoin d’un bon nettoyage.

Pour certains, le maire a tué la fête. Pour d’autres, il a sécurisé la ville et les foules. En 2009, par très beau temps, 250 000 personnes étaient allées au spectacle. En 2012, malgré une température comparable, ils étaient 40 000.