/misc
Navigation

1981 - La mort du centre-ville de Québec

1981 - La mort du centre-ville de Québec
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Après l’exode de la population vers les banlieues, c’était au tour du commerce de s’installer dans de vastes complexes situés en périphérie de la capitale. Dans les années et les mois précédents, les derniers magasins à rayons comme Pollack, le Syndicat et la Compagnie Paquet, laquelle existait depuis plus de 130 ans, avaient dû fermer ou déclarer faillite en raison du peu d’achalandage.

Dans le secteur, seul Laliberté qui avait ouvert ses portes en 1867, a résisté à cette période sombre. Il fêtera d’ailleurs son 150e anniversaire cette année.

Même le mail Saint-Roch, complété en 1974 et qui faisait de la rue Saint-Joseph, si florissante dans les années 50 et 60, la plus grande rue commerçante couverte au monde, n’avait pu redresser la situation.

En 1983, le mail Saint-Roch, à l’image du centre-ville, n’attirait plus les foules d’antan.
Photo d'archives Richard Cloutier
En 1983, le mail Saint-Roch, à l’image du centre-ville, n’attirait plus les foules d’antan.

Les années béton

Il faut dire que cette mort du centre-ville avait débuté au milieu des années 60, avec les nombreux projets de modernisation qui pointaient à l’horizon de la Révolution tranquille.

Quelques mois après la naissance du Journal de Québec, les conférences de presse se multiplièrent pour annoncer la construction de la cité parlementaire avec son édifice G (Marie-Guyart) et autres bâtiments administratifs, du Grand Théâtre de Québec, de boulevards, d’autoroutes et du pont Frontenac (Pierre-Laporte).

Pendant les années qui suivirent et jusqu’au milieu des années 70, des centaines de maisons furent détruites dans le secteur du parlement et les habitants, durent s’établir en périphérie.

Au début des années 80, les centres commerciaux avec de grands stationnements, comme Place Laurier, avaient la cote auprès des consommateurs.
Photo d'archives, René Baillargeon
Au début des années 80, les centres commerciaux avec de grands stationnements, comme Place Laurier, avaient la cote auprès des consommateurs.

Après Place Laurier (Laurier Québec) qui avait ouvert ses portes en 1961, puis les Galeries de la Capitale 20 ans plus tard, ce n’était plus seulement les citoyens qui s’éloignaient du centre-ville. De nombreuses entreprises s’installèrent alors en banlieue, dans des centres d’achats et des centres industriels plus faciles d’accès et comportant d’immenses espaces de stationnement.

Du déclin à la relance

En 1976, une vue aérienne montrait que Là les Galeries de la Capitale seraient
facilement accessibles avec quatre boulevards à proximité.
Photo d'archives Richard Cloutier
En 1976, une vue aérienne montrait que Là les Galeries de la Capitale seraient facilement accessibles avec quatre boulevards à proximité.

L’exode de la population de Québec vers les nouvelles banlieues de Sainte-Foy, Charlesbourg et Beauport a débuté au milieu des années 50.

En trois décennies, on considère que plus de 100 000 personnes ont quitté les vieux quartiers de Québec. La classe moyenne les a délaissés pour s’établir principalement dans les bungalows qui poussaient sans relâche sur les anciennes terres agricoles en périphérie.

À Saint-Roch seulement, la population est passée de 20 000 à 5000 habitants. Il faut dire que la construction dans ce secteur des autoroutes Laurentienne, Charest et Dufferin, a nécessité la démolition de nombreuses maisons et n’a pas aidé à retenir la population.

1996 - Il a fallu attendre les années 90 pour que le centre-ville reprenne vie, avec des projets comme le parc Saint-Roch, entre autres.
Photo d'archives
1996 - Il a fallu attendre les années 90 pour que le centre-ville reprenne vie, avec des projets comme le parc Saint-Roch, entre autres.

Il a fallu attendre le début des années 90 pour que la vie reprenne enfin dans le centre-ville de Québec.

Dans la décennie qui a suivi, la Ville a investi beaucoup dans le secteur en rénovant plusieurs édifices comme la Dominion Corset (devenue la Fabrique), en attirant des commerces branchés, des ateliers de création (Projet Méduse) et en donnant son aval à la construction de nouveaux appartements.

La fin de la démolition du mail en 2006 et la création d’espaces verts comme le jardin de Saint-Roch ou la place de l’Université ont largement contribué à relancer le quartier.

*Sources : Journal de Québec et Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française