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1983 - L’arrivée du «p’tit gars de Baie-Comeau»

1985 - Brian Mulroney et son épouse Mila Pivnick.
Photo d'archives Karl Tremblay 1985 - Brian Mulroney et son épouse Mila Pivnick.

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À sa seconde tentative pour devenir chef du Parti progressiste-conservateur, Brian Mulroney défaisait Joe Clark lors d’un quatrième tour de scrutin, le 11 juin 1983, pavant ainsi la voie à la plus grande victoire jamais remportée par un parti lors des élections fédérales de l’année suivante.

Le «p’tit gars de Baie-Comeau» se présenta comme celui qui allait ramener le Québec dans le giron canadien: «dans l’honneur et l’enthousiasme». Brian Mulroney profita de l’amertume et du mécontentement des nationalistes québécois qui avaient perdu le référendum de 80, selon les analystes politiques de l’époque. Il axa également sa campagne, au Québec du moins, sur «l’arrogance du Parti libéral du Canada» qui venait de rapatrier la Constitution sans l’accord du Québec. Une formule qu’il répéta très souvent.

Au Québec, René
Lévesque et les troupes du PQ ne sont pas étrangères au balayage conservateur qui permit à Brian Mulroney de devenir premier ministre du Canada en 1984.
Photo d'archives Jean-Claude Angers
Au Québec, René Lévesque et les troupes du PQ ne sont pas étrangères au balayage conservateur qui permit à Brian Mulroney de devenir premier ministre du Canada en 1984.

Le premier ministre du Québec René Lévesque décida d’appuyer Brian Mulroney en qualifiant l’aventure de «Beau risque», si bien que le Parti progressiste-conservateur remporta les élections avec 211 députés sur 282 (58 sur 75 au Québec). Du jamais vu au Canada.

Échecs et réalisations

Malgré des appuis importants dans toutes les provinces, Brian Mulroney échoua dans ses tentatives de faire inscrire le Québec comme société distincte dans la constitution canadienne.

C’est surtout dans les relations internationales que Brian Mulroney accomplit ses plus grandes réalisations. Ses plus beaux fleurons sont sans doute le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, les accords sur les pluies acides avec nos voisins du sud et, surtout, ses prises de position contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud, qui le mirent en conflit avec les gouvernements américain et britannique, mais lui valurent un grand respect ailleurs dans le monde.

En chute libre

À son deuxième mandat, à compter de 1988, Brian Mulroney poursuivit la privatisation de nombreuses sociétés d’État comme Air Canada, Pétro Canada, etc. En dix ans, le nombre de sociétés d’État passa de 61 à 38.

Mais ce sont surtout l’arrivée de la TPS, les nombreux scandales entourant ses députés et ministres et ses nombreux voyages à l’étranger aux frais des contribuables qui marquèrent son second mandat.

Il démissionna en 1993, laissant son parti tellement affaibli que celui-ci, dirigé par Kim Campbell, ne fit élire que deux députés lors des élections dont un seul au Québec... un certain Jean Charest.

Deux «amis» à Québec

Brian Mulroney et Ronald Reagan lors du Sommet des
Irlandais à Québec le 17 mars 1985.
Photo d'archives Jean-Claude Angers
Brian Mulroney et Ronald Reagan lors du Sommet des Irlandais à Québec le 17 mars 1985.

Le 17 mars 1985, Brian Mulroney reçut en grande pompe son «ami» Ronald Reagan au Château Frontenac pour le Sommet de la St-Patrick.

Tout au long de son premier mandat et au début du second, le premier ministre ne cacha pas ses nombreuses affinités avec le président des États-Unis de l’époque, Ronald Reagan.

Tous les deux se rencontrèrent à Québec pour discuter de dossiers qui devaient plus tard aboutir sur les accords de l’ALENA et sur l’environnement concernant les pluies acides.

Il s’agissait d’une première présence d’un président américain dans la Vieille Capitale depuis la rencontre entre Churchill, Roosevelt et Mackenzie King en 1943.

Lors de la réception grandiose qui suivit les pourparlers, les deux hommes d’origine irlandaise chantèrent même ensemble le chant folklorique When irish eyes are smiling (Quand les yeux irlandais sourient) en compagnie de leurs épouses Nancy et Mila qui elles aussi s’entendaient semble-t-il très bien.

Cette amitié n’empêcha toutefois pas Brian Mulroney de s’opposer farouchement au gouvernement de Ronald Reagan dans des dossiers comme l’intervention militaire des États-Unis au Nicaragua ou encore dans celui de l’apartheid en Afrique du Sud.