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1984 - Québec rayonne pour le meilleur... et pour le pire

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S’il y eut une année palpitante pour Québec dans cette décennie, ce fut bien 1984, avec des événements qui devaient marquer l’histoire, certains par leur grandeur, d’autres par leur horreur.

Dans le domaine du merveilleux, il y eut sans contredit la parade des Grands Voiliers sur le fleuve Saint-Laurent, dans le cadre de l’été Mer et Monde.

La fête qui devait durer 63 jours de juin à septembre, pour célébrer le 450e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier au Canada, eut toutefois un succès fort mitigé.

Beaucoup moins de visiteurs que prévu, un manque flagrant d’activités pour maintenir le rythme, des commerçants et des concessionnaires furieux sur le site entourant le Vieux-Port de Québec et de gros déficits lors du bilan de l’événement.

Québec a d’ailleurs mis du temps à effacer cet échec de la mémoire populaire, si bien que chaque fois qu’un événement d’une certaine ampleur était proposé, il y avait toujours quelqu’un pour rappeler : « un été mer sans monde ».

Au pied du Château Frontenac, les nombreux voiliers d’un autre siècle laissèrent des souvenirs impérissables.
Photo d'archives, Jean-Claude Angers
Au pied du Château Frontenac, les nombreux voiliers d’un autre siècle laissèrent des souvenirs impérissables.

De bons moments

Mais si l’on veut être honnête, plusieurs choses ont fort bien fonctionné cet été-là.

Les 66 grands voiliers qui avaient fait le voyage jusqu’à Québec ont attiré près d’un million de spectateurs sur les deux berges du fleuve.

Les spectacles donnés un peu partout dans la ville ont attiré les foules, tout comme le départ de la course transat Québec-Saint-Malo. Et en bonus, le port de Québec et ses abords, qui avaient l’air d’une zone de guerre abandonnée avant l’événement, se sont refait une beauté.

Enfin le pape à Québec

Si la fête du 450e n’avait pas eu le rayonnement international attendu, la visite du pape Jean-Paul II à Québec le 9 septembre fut de son côté couronnée de succès.

Quelques mois après qu’il fut devenu pape, en octobre 1978, Le Journal de Québec lançait une campagne populaire pour que le souverain pontife vienne à Québec en 1979. Pétition de plus de 12 000 lecteurs, télégrammes, visite au Vatican, Le Journal mit tout en œuvre pour que le pape, qui planifiait un voyage aux États-Unis, fasse un détour par Québec. Malheureusement, Sa Sainteté déclina la demande en raison d’un horaire trop chargé.

La visite du pape Jean-Paul II
entraîna des rassemblements de foules impres-sionnants.
Photo d'archives, Serge Lapointe
La visite du pape Jean-Paul II entraîna des rassemblements de foules impres-sionnants.

Finalement, en 1982, le Vatican annonça la visite papale pour 1984. Ce fut un succès phénoménal. Visite de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, apparition au centre de réadaptation François-Charron, messe devant 300 000 fidèles à l’université Laval, et en plus, 700 millions de personnes pouvaient suivre l’événement à travers le monde...Québec l’avait, son rayonnement international.

Fusillade au Parlement

Le matin du 8 mai 1984, c’était la consternation dans toute la province lorsque le caporal Denis Lortie s’est pointé au parlement de Québec lourdement armé, dans le but de « ... détruire le PQ ».

Dès son arrivée sur les lieux, vêtu de ses habits militaires, il ouvrit le feu à la mitraillette et au pistolet pour se frayer un chemin jusqu’au Salon bleu. Son but était de « ... tuer tous les députés et ministres péquistes » qu’il rencontrerait.

Heureusement ce jour-là, l’Assemblée nationale ne siégeait pas et une commission parle­mentaire devait se tenir un peu plus tard après l’arrivée du forcené. Lortie tua trois personnes et en blessa 13 autres avant de se réfugier au Salon bleu. Le sergent d’armes de l’Assemblée nationale, René Jalbert, réussit à calmer le caporal, qui se rendit ensuite sans faire plus de victimes.

Le sergent d’armes de l’Assemblée nationale, René Jalbert, a finalement convaincu le caporal Denis Lortie qu’il devait se rendre.
Photo d'archives
Le sergent d’armes de l’Assemblée nationale, René Jalbert, a finalement convaincu le caporal Denis Lortie qu’il devait se rendre.

Seul

Québec fit les manchettes à travers le monde, mais pas pour les bonnes raisons. Les réseaux américains et la BBC de Londres dépêchèrent des équipes de reportage, tout comme les médias à travers le pays. Un coup d’État fut évoqué à plusieurs reprises dans les bulletins de nouvelles et il fallut attendre de longues heures avant de conclure à l’intervention d’un individu qui avait agi seul.

Quant à Lortie, au terme de deux procès, il fut condamné en 1987 à la prison à perpétuité avec admissibilité à une libération conditionnelle au bout de 10 ans. En 1995, il était libéré sous conditions en raison du temps passé en prison durant les procès.

En 2004, vingt ans après la fusillade, Le Journal avait retracé Lortie dans la région d’Ottawa. Travailleur de la construction, il vivait dans un bungalow avec piscine creusée, en compagnie d’un chat et d’un chien. Il disait penser tous les jours à la tragédie : « Ça va me suivre tout le reste de ma vie », avait-il reconnu. En 2007, il était libéré sans condition.

Deux grands athlètes

Gaétan Boucher et Sylvie Bernier, des athlètes en or.
Photo d'archives
Gaétan Boucher et Sylvie Bernier, des athlètes en or.

Toujours en 1984, sur le plan sportif cette fois, deux athlètes amateurs de la région font leur marque aux Jeux olympiques.

En février, le patineur de vitesse longue piste Gaétan Boucher, qui avait déjà remporté une médaille d’argent sur la distance de 1000 m à Lake Placid aux États-Unis, fait encore mieux aux Jeux d’hiver de Sarajevo, en ex-Yougoslavie.

Il est couronné champion sur les distances de 1000 et de 1500 m, en plus de filer avec le bronze sur 500 m. Une récolte de trois médailles qui en fait un champion incontesté dans sa discipline.

Puis en août, c’est une autre athlète de Sainte-Foy, Sylvie Bernier, qui remporte l’or au plongeon sur le tremplin de 3 m, aux Jeux olympiques de Los Angeles, aux États-Unis.

Une excellente année olympique pour Québec.