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Faire payer les citoyens pour qu’ils jettent moins d’ordures

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Photo Hugo Duchaine Edith smeesters
Conseillère municipale

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Les Québécois ne réduiront leurs déchets que s’ils doivent payer selon la quantité jetée aux ordures, plaident des élus et des fonctionnaires qui ont implanté ce système avec succès chez eux.

La quantité de déchets a fondu de 42 % depuis trois ans dans la petite municipalité du Canton de Potton, qui fait payer à ses résidents 3 $ pour un sac à poubelle mis aux ordures, une fois les 24 fournis annuellement écoulés.

C’est un des exemples donnés mardi, lors d’une conférence au Forum sur l’environnement Americana, qui se tient à Montréal jusqu’à demain, qui démontre que quand les citoyens doivent sortir l’argent de leurs poches, ils sortent moins de déchets au coin de la rue.

«Après seulement six mois, les résultats étaient spectaculaires et les gens ont arrêté de chialer», lance la conseillère municipale du Canton de Potton, en Estrie, Edith Smeesters. Elle y voit une solution aux sites d’enfouissement qui débordent dans les villes du Québec.

À Beaconsfield, sur l’île de Montréal, les résidents jettent deux fois moins de déchets depuis un an, maintenant qu’ils paient selon la grosseur de leur poubelle et la fréquence à laquelle les éboueurs la vident.

Un ménage paye un prix fixe de 176 $ s’il jette l’équivalent de 260 sacs à poubelle standards par année. Ce prix peut baisser à 150 $ pour ceux qui arrivent à sortir les poubelles une seule fois par mois ou monter à 208 $ pour les plus grands jeteurs.

Du pire au meilleur

Ainsi, chaque habitant de Beaconsfield a jeté en moyenne 181 kg de déchets l’an dernier. Avant, la Ville estimait qu’un résident envoyait 370 kg de déchets au site d’enfouissement.

«Nous étions parmi les pires de l’île de Montréal pour la quantité de déchets, alors que nous avons maintenant le plus bas taux», se réjouit le directeur des travaux publics, Andrew Duffield.

Il assure que cette façon de faire unique dans la province est «acceptable du côté social» puisque les résidents peuvent choisir d’y participer selon ce qu’ils sont prêts à payer.

La Ville collecte toujours les poubelles chaque semaine, mais elle réussit maintenant à le faire avec quatre camions au lieu de huit. Une économie importante, assure M. Duffield.

Fausses craintes

Edith Smeesters encourage toutes les villes à faire de même. «L’argument terrible, c’est qu’il y aura des déchets partout [pour éviter de payer]. Mais, en réalité, ça n’arrive pas, même chez nous en milieu rural, où il est facile de jeter ça dans le bois», poursuit l’élue.

Par ailleurs, la directrice de la gestion des déchets du Grand Besançon, en France, Marie-Laure Journet-Bisiaux, assure que le modèle est possible même dans des métropoles comme Montréal.

Sa municipalité, qui compte de nombreuses tours d’habitation, fait payer les propriétaires d’immeubles au poids des ordures collectées.