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Elle avait alerté les policiers avant d’être assassinée, la SQ hérite de l'enquête et le BEI s'en mêle

Son ex-conjoint qui avait exprimé sa jalousie sur les réseaux sociaux a été arrêté

Daphné Boudreault
Photo courtoisie Daphné Boudreault

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La jeune femme qui a perdu la vie, mercredi à Mont-Saint-Hilaire, avait contacté la police quelques heures plus tôt, car elle craignait pour sa sécurité à la suite d’une récente séparation.

Daphné Boudreault, 18 ans, a été retrouvée grièvement blessée dans un appartement de la rue Forest, en début d’après-midi, peu après qu’un proche se fut pointé au poste de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent. Elle est décédée à l’hôpital des suites de ses blessures.

Selon nos informations, l’ex-copain de la victime, Anthony Pratte, 22 ans, a été arrêté peu de temps après. Il était toujours interrogé mercredi soir et l'on devrait connaître la nature des accusations le visant aujourd’hui.

Le suspect et la jeune femme ont formé un couple pendant deux ans, mais leur relation se serait détériorée récemment. Daphné Boudreault avait d’ailleurs quitté leur appartement pour se réfugier chez un proche.

Daphné Boudreault
Photo FACEBOOK

Vidéos troublantes

M. Pratte a mis deux vidéos troublantes en ligne quelques heures avant le drame mercredi dans lesquelles il souhaite à la victime «tout le malheur du monde» et l’insulte violemment à de nombreuses reprises. Il y raconte aussi avoir piraté le téléphone et le compte Facebook de la jeune femme et ainsi découvert qu’elle l’avait apparemment trompé.

«Tu vas sûrement brailler en disant que ce n’est pas vrai», lance le jeune homme dans sa vidéo, où il apparaît parfois enragé, parfois abattu.

 

Elle avait peur

Selon une collègue, Mme Boudreault aurait croisé son ex-copain mercredi matin avant de se rendre au travail et aurait eu peur.

Inquiète, elle aurait contacté la police au cours de la matinée alors qu’elle travaillait au dépanneur Beau-Soir, à Mont-Saint-Hilaire. «Les policiers sont venus la voir, mais ils ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire», a raconté au Journal la gérante du magasin, Shanon Meilleur.

«Est-ce qu’il va falloir qu’il me tue pour que la police puisse agir? C’est la dernière chose qu’elle m’a dite en partant du dépanneur à midi», a soufflé Mme Meilleur.

La Régie de police Richelieu–Saint-Laurent n’a pu confirmer cette information «en raison de l’enquête en cours», a dit le porte-parole Yanic Parent. «Si une personne nous contacte et qu’on constate qu’elle a besoin d’assistance, les policiers vont faire ce qu’ils ont à faire en tout temps», a-t-il assuré.

Daphné Boudreault
Photo Agence QMI, MAXIME DELAND

Selon un ami de la victime, le suspect était connu pour être colérique. Toutefois, Mme Boudreault ne lui aurait jamais mentionné craindre pour sa sécurité auparavant.

«Je ne sais pas ce qu’elle est allée faire là. J’habite à 30 secondes d’où ça s’est passé. Je ne comprends pas pourquoi elle ne m’a pas appelé», a dit l’homme dans la vingtaine, qui a demandé à taire son nom.

Il a raconté avoir parlé à M. Pratte au téléphone mardi soir. «Il voulait savoir ce qui se passait avec Daphné. Si elle allait revenir ou pas. Mais il n’était pas menaçant», dit-il, complètement bouleversé.

Dans les journaux

Bien que colérique, Anthony Pratte disait avoir appris à se contrôler. «J’ai tellement travaillé sur moi et sur mon contrôle. Je t’aurais repris demain matin si tu t’étais excusée», dit-il dans une vidéo, en allusion aux présumées infidélités de sa copine.

Dans les commentaires laissés sous l’une des vidéos de Pratte, un jeune qui se présente comme le nouvel ami de Mme Boudreault raconte avoir reçu un appel du suspect mercredi matin. «J’oublierai jamais ta voix quand tu m’as appelé. J’oublierai jamais tout ce que tu m’as dit... j’oublierai jamais que tu m’as dit que je l’apprendrais dans les journaux», a-t-il écrit en soirée mercredi.

— Avec la collaboration de Maxime Deland, Agence QMI

L'enquête transférée à la Sûreté du Québec et le BEI examinera l'intervention policière

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) mènera une enquête pour savoir pourquoi la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent n’a pas réagi lorsqu’une femme de 18 ans de Mont-Saint-Hilaire les a contactés avant d’être tuée un peu plus tard par son ex-conjoint.

Le BEI devra déterminer si des policiers de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent ont mal fait leur travail quand Daphné Boudreault est allée les voir pour leur expliquer qu’elle craignait pour sa sécurité à la suite d’une séparation récente avec Anthony Pratte.

C’est la Sûreté du Québec qui mènera l’enquête concernant le meurtre de la femme de 18 ans, mercredi, à Mont-Saint-Hilaire, pour lequel son ex-conjoint est soupçonné.

La SQ prend donc la relève de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent.