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1987 - Le long et violent chapitre des motards

1985 - Pendant quelques années, les Hells Angels furent très actifs dans la région.  Selon plusieurs observateurs et une enquête du Journal de Québec, ils seraient de retour et plus déterminés que jamais à reprendre leur place.
Photo d'archives Benoit Gariépy 1985 - Pendant quelques années, les Hells Angels furent très actifs dans la région. Selon plusieurs observateurs et une enquête du Journal de Québec, ils seraient de retour et plus déterminés que jamais à reprendre leur place.

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En juin 1987, la région de Québec a vécu une véritable commotion lorsque le gang de motards criminalisés des Hells Angels a décidé d’avoir pignon sur rue à Saint-Nicolas, sur la Rive-Sud, en construisant une véritable forteresse en plein quartier résidentiel.

Il y avait déjà eu des problèmes avec des groupes de motards par le passé, mais avec l’apparition de ce « bureau officiel », c’est une véritable guerre qui débutait dans le but de contrôler le commerce de la drogue.

En 1987, les Hells Angels du chapitre de Québec construisirent leur quartier général en plein cœur d’un quartier résidentiel de Saint-Nicolas sur la Rive-Sud.
Photo d'archives Benoit Gariépy
En 1987, les Hells Angels du chapitre de Québec construisirent leur quartier général en plein cœur d’un quartier résidentiel de Saint-Nicolas sur la Rive-Sud.

Rencontres « d’affaires »

À la fin des années 1980, les Hells Angels organisèrent d’immenses partys sur une piste de course dans la région de Pont-Rouge. Quelque 2000 à 3000 personnes liées de près ou de loin à leur club passaient le weekend à faire la fête sur un site aménagé en immense campement pour l’occasion.

Ces événements festifs servaient aussi de prétexte aux dirigeants du groupe pour se rencontrer, afin de planifier leurs activités criminelles visant à éliminer leurs adversaires.

Ainsi, des motards du Québec, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, des États-Unis et même d’Europe se côtoyaient dans le cadre de réunions « d’affaires », à l’abri des fêtards et surtout des policiers.

Au plus fort des affronte­ments entre les Hells Angels et leurs adversaires principaux, les Rock Machine, soit du milieu des années 1990 au début de 2000, il y eut l’explosion de nombreuses bombes, plus de 150 meurtres, près de 200 tentatives de meurtre et une centaine d’incendies criminels.

1985 - Pendant quelques années, les Hells Angels furent très actifs dans la région.  Selon plusieurs observateurs et une enquête du Journal de Québec, ils seraient de retour et plus déterminés que jamais à reprendre leur place.
Photo d'archives

Au tour de la police

À la fin des années 1990, après une décennie d’affron­tements qui allaient en s’amplifiant, les forces poli­cières frappèrent un premier grand coup.

Au printemps 1997, environ 600 policiers du Québec participèrent à une vaste opération contre les Rock Machine. Des centaines de kilos de dynamite furent saisis de même que des armes et il y eut quelques dizaines d’arrestations.

En septembre 2000, en plein palais de justice de Québec, les dirigeants des Rock Machine, affaiblis par le coup de force policier, et ceux des Hells Angels se rencontrèrent pour faire la paix. Quelques années plus tard, les deux groupes fusionnaient.

Puis en avril 2009, trois ans d’enquête et l’investissement de quelque 50 millions de dollars donnèrent lieu à l’opération SharQC : 1200 policiers de la GRC, de la SQ et de la police municipale procédèrent à 156 arrestations chez les Hells Angels, en plus de perquisitionner à 175 endroits. La ramification québécoise du club tristement célèbre était anéantie.

Mais depuis, même si plusieurs de ces criminels ont été condamnés, d’autres ont été relâchés, principalement en raison de délais judiciaires trop longs avant la tenue de leurs procès. Pas de reprise d’une guerre à l’horizon, mais pas la fin des activités criminelles non plus.

Une présence qui ne date pas d’hier

Lorsque Le Journal de Québec vit le jour en 1967, quelques gangs de motards faisaient la pluie et le beau temps dans la ville. Déjà à ce moment-là, les autorités municipales faisaient tout en leur pouvoir pour les contrer.

À titre d’exemple, en juillet 1969, le président du club des Hells Hounds, André « Pat » Lachance, mourait dans un accident de moto à l’âge de 24 ans. Lors de ses funérailles, quelque 400 motards défilèrent pour lui rendre un dernier hommage, sous les yeux de plusieurs milliers de curieux. Le mois suivant, la Ville de Québec légiférait pour interdire la circulation aux bandes de motards dans les rues et aux motards tout court dans certains secteurs de la ville.

La basse-ville de Québec était régulièrement le théâtre d’affrontements entre les membres de différents clubs. Les plus agressifs d’entre eux, les Pacific Rebels (qui devaient par la suite devenir les Rock Machine) n’hésitaient pas à faire exploser des bombes, souvent attribuées par erreur au FLQ, principalement à Québec, pour se débarrasser de leurs rivaux.