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1993 - Des Médiévales aux Fêtes de la Nouvelle-France

En 1998, les Fêtes de la Nouvelle-France étaient de mise plutôt que les Médiévales, un choix plus approprié pour la Vieille Capitale, selon le maire Jean-Paul L’Allier (à droite).
Photo d'archives En 1998, les Fêtes de la Nouvelle-France étaient de mise plutôt que les Médiévales, un choix plus approprié pour la Vieille Capitale, selon le maire Jean-Paul L’Allier (à droite).

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Au mois d’août 1993, Québec devenait Ti-Bourg, une ville fictive du Moyen-Âge dans laquelle se déroulèrent pendant quelques jours les Médiévales. Ce festival éphémère connut un succès de foule instantané et devait par la suite être remplacé par les Fêtes de la Nouvelle-France.

Déplorant qu’il n’y ait pas suffisamment d’activités populaires rassembleuses à Québec, en dehors du Festival d’été (dont il sera question dans notre dernier supplément) et du Carnaval de Québec, un groupe de personnes décida d’y remédier.

L’avocat Pierre Gaudreau qui fut président du Festival d’été en 1972 et l’animateur Rémi d’Anjou, deux personnalités très impliquées dans la vie culturelle et artistique de Québec à cette époque, lancèrent ce projet.

Mauvaise gestion

Contre toute attente, la première mouture des Médiévales créa un engouement tel que le Vieux-Québec fut pratiquement inaccessible aux automobilistes pendant toute la durée de l’événement.

Des centaines de figurants recréèrent l’époque du Moyen-Âge par leurs costumes et l’ambiance qui régnait entre les vieux murs. Et les visiteurs, non contents de se cantonner à un simple rôle de spectateurs, se déguisèrent et participèrent activement à ce qui devint un véritable happening.

L’expérience fut répétée deux ans plus tard, en 1995, et connut le même succès. Toutefois, les responsables de la gestion de l’événement connurent des difficultés et les déficits obligèrent l’organisation à fermer les livres.

Les Médiévales n’avaient rien à voir avec l’histoire de Québec, mais leur succès fut néanmoins grandiose en 1993 et 1995.
Photo d'archives René Baillargeon
Les Médiévales n’avaient rien à voir avec l’histoire de Québec, mais leur succès fut néanmoins grandiose en 1993 et 1995.

Changement d’époque

Pour pallier la disparition des Médiévales qui avaient animé le quartier historique comme jamais auparavant, les Fêtes de la Nouvelle-France prirent le relais et devinrent annuelles.

On décida de délaisser le Moyen-Âge pour une époque plus appropriée à Québec, soit les débuts de la colonie, tout en conservant la formule des sites interactifs, les déguisements et les défilés qui avaient eu tant de succès.

Les Fêtes de la Nouvelle-France célébreront leur vingtième anniversaire en 2017. Avec les centaines de milliers de personnes qui y participent année après année, elles connaissent un succès indéniable.

Des festivals plus culturels

En 2011, deux festivals ont fait leur apparition dans la ville de Québec. Des événements plus ciblés qui répondent à des goûts plus particuliers et qui grossissent au fil des ans.

Ainsi, le Festival d’Opéra de Québec qui se tient à la fin juillet et au début d’août attire quelque 20 000 amateurs lors des spectacles qu’il propose.

Le Festival du cinéma de la Ville de Québec, à la mi-septembre, est lui aussi venu combler un vide pour les cinéphiles.

Depuis le début des années 1990, le Carrefour interna­tional de théâtre de la Ville de Québec est couru par les fans de cette forme d’art les années paires, alors que le Théâtre d’ailleurs prend le relais, les années impaires.

Bonhomme encore et toujours!

La fête populaire la plus associée à la Vieille Capitale demeure sans contredit le Carnaval de Québec. Bien qu’ayant connu des hauts et des bas au fil des ans, il a toujours trouvé le moyen de passer à travers les crises, et ce, en plus de soixante années d’existence.

Il faut dire que depuis 1955, soit les débuts de l’ère moderne du Carnaval de Québec, Bonhomme a vu passer bien des glaces sous les ponts. Depuis ses débuts jusqu’aux années 1970, la fête se voulait très familiale avec ses défilés, la reine et ses duchesses, les monuments de glace de la rue Sainte-Thérèse, le palais de Bonhomme, les concours de sculpture sur glace, la course en canot, etc.

Mais au bout de deux décennies, soit à partir de 1975, la fête s’est muée peu à peu en immense beuverie et les familles ont délaissé la plupart des activités. Un virage a été tenté dans les années 1990. Les duchesses ont été remerciées pour leurs services et rempla­cées par les « Knuks », person­nages insipides qui n’avaient rien de drôle. Le Carnaval de Québec se cherchait.

Bonhomme et ses duchesses, lors du défilé de 2014.
Photo d'archives Annie T Roussel
Bonhomme et ses duchesses, lors du défilé de 2014.

Retour de l’esprit festif

Au milieu des années 2000 et plus encore depuis 2010, les organisateurs de cette fête, qui demeure le plus gros carnaval d’hiver au monde, sont revenus à la base qui a fait le succès de l’événement : s’amuser, ne pas se prendre trop au sérieux et surtout... avoir l’esprit festif.

Les défilés se sont renou­velés, les duchesses sont de retour, le palais de Bonhomme a repris son importance et une foule d’activités sont proposées pour les petits et pour les grands. Le Carnaval de Québec semble avoir retrouvé ses lettres de noblesse. L’activité attire de nouveau les gens de la région, c’est important, mais aussi les touristes qui viennent tenter de comprendre comment on peut aimer l’hiver...