/news/society
Navigation

Les cols bleus muets sur l’utilisation de la caisse par la présidente

Chantal Racette est pourtant la cible de critiques de la part de membres de son exécutif

Le trésorier Jacques Rochon et la présidente des cols bleus de la Ville de Montréal Chantal Racette ont répété samedi qu’ils n’ont pas à aviser tous les membres des décisions financières qu’ils prennent, à la sortie de l’assemblée générale qui s’est déroulée durant près de 5 heures.
Photo agence Qmi, Joël Lemay Le trésorier Jacques Rochon et la présidente des cols bleus de la Ville de Montréal Chantal Racette ont répété samedi qu’ils n’ont pas à aviser tous les membres des décisions financières qu’ils prennent, à la sortie de l’assemblée générale qui s’est déroulée durant près de 5 heures.

Coup d'oeil sur cet article

La tension était palpable, mais les cols bleus de Montréal s’en sont tenus au silence lors de leur assemblée générale samedi, malgré que leur présidente ait avoué dans un entretien au Journal avoir pigé dans la caisse du syndicat pour payer ses cotisations personnelles à son fonds de pension.

«Notre linge sale, on va le laver entre nous, pas en public», a lancé un col bleu à la sortie de la rencontre qui a duré près de cinq heures.

La présidente Chantal Racette est la cible de critiques virulentes de plusieurs membres de son exécutif qui ont appris la semaine dernière qu’elle s’était autorisée des dépenses de plusieurs milliers de dollars à même la caisse du syndicat, comme le révélait notre Bureau d’enquête vendredi.

Des dizaines de cols bleus croisés lors de cette première rencontre syndicale de l’année se sont contentés de répondre «pas de commentaires».

Tous ceux qui parlaient aux journalistes étaient filmés par un des membres pour «savoir ce qui se dit», a-t-on expliqué au Journal.

Menaces

L’ancien président Michel Parent a d’ailleurs porté plainte à la police après avoir été menacé de se faire «arracher la tête» pour avoir parlé à des journalistes avant l’assemblée générale, samedi.

«Personne ne va m’empêcher de dire ce que je pense, s’est-il cependant défendu. Ça n’a pas de sens de se faire menacer parce qu’on s’adresse aux médias.»

M. Parent a été un des rares cols bleus à accepter de parler aux journalistes des critiques virulentes de plusieurs membres de l’exécutif envers Mme Racette.

Il dit avoir été apostrophé dès son entrée à l’assemblée générale.

«Il ne raconte pas toute l’histoire. Il a cherché le trouble, il aime provoquer les gens et lorsque ces personnes répliquent, il s’en va en criant qu’il est une victime. Aujourd’hui, il a perdu toute crédibilité en faisant ça», a confié un col bleu qui a requis l’anonymat.

La présidente assure que son assemblée s’est bien déroulée.

«Si M. Parent a senti qu’il y a eu des propos menaçants à son égard, c’est son interprétation. Il a le droit de porter plainte, ce n’est pas à moi de m’en mêler», mentionne Mme Racette.

Poutine interne

À la sortie de l’assemblée, la présidente a répété qu’elle n’a pas à aviser les membres de toutes les décisions financières.

«On est deux à gérer les statuts et les règlements, à gérer la bâtisse, on ne va pas faire un exécutif chaque fois qu’on a une décision à prendre», a-t-elle fait valoir.

Mme Racette doit rencontrer demain le président national du Syndicat canadien de la fonction publique, Mark Hancock.

Il souhaite notamment obtenir des réponses sur l’ensemble des déboires qui ont touché le loca­l 301 au cours des derniers mois.

Dans les derniers mois, il y a notamment eu deux votes de censure à l’encontre de la présidente Racette.