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Tuerie à la mosquée : les paramédicaux ont réussi à désamorcer la crise

Les superviseurs Éric Hamel, Dominic Chaput et Martin Bérubé ont souligné à plusieurs reprises le travail exemplaire des paramédicaux qui sont intervenus le soir de la tuerie à la mosquée.
Photo Didier Debusschère Les superviseurs Éric Hamel, Dominic Chaput et Martin Bérubé ont souligné à plusieurs reprises le travail exemplaire des paramédicaux qui sont intervenus le soir de la tuerie à la mosquée.

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Les paramédicaux qui ont porté secours aux nombreux blessés lors de la tuerie de la grande mosquée ont reçu de l’aide psychologique rapidement, pour dé­samorcer la crise et pour éviter qu’ils soient hantés longtemps par des images-chocs.

«On est partis avec le principe que tout le monde avait besoin d’aide, au lieu d’attendre de voir leurs besoins», explique le superviseur Dominic Chaput.

«Si notre personnel ne va pas bien, nous sommes beaucoup plus proactifs et vigilants. On intervient directement pour désamorcer la situation. Dans mon temps, mon patron n’était pas très au fait de ma santé psychologique», ajoute Éric Hamel, qui compte près de 34 ans de métier.

Fait à noter, il semble qu’aucun travailleur n’ait eu besoin d’un congé prolongé dans les semaines qui ont suivi le drame.

« De petits miracles »

Le 29 janvier dernier, les paramédicaux dépêchés sur les lieux savaient qu’ils faisaient face à un événement majeur avec plus de victimes qu’à l’habitude. Ils ignoraient toutefois l’ampleur de la tâche à accomplir. Une dizaine de véhicules ont été mobilisés et la police a d’abord sécurisé le site pour éliminer la menace armée.

Le «plan de sinistre» à la mosquée était semblable à celui d’un écrasement d’avion, avec du triage, des soins sur place et du transport urgent.

«Toutes les scènes peuvent être traumatisantes, mais l’intervention s’est déroulée d’une façon impeccable», précise Martin Bérubé.

«On a une job à faire. Il ne faut pas s’arrêter à la scène. Notre personnel mérite qu’on souligne leur excellent travail. Ils ont fait de petits miracles ce soir-là», souligne par ailleurs M. Chaput.

Des leçons

«Froidement, il faut gérer comme on le ferait pour un autobus scolaire bondé qui aurait une collision avec un camion ou comme l’accident de trois morts à Beaupré cette semaine. Un événement violent dans une ville sécuritaire comme Québec, on ne veut pas que ça arrive une autre fois, mais on prend des leçons», ajoute Éric Hamel.

Les paramédicaux sont heureux de constater que leur travail est mieux reconnu que par le passé, même si les actions des policiers et des pompiers font plus souvent les manchettes.

En raison des négociations en cours, le trio de cadres n’a pas voulu donner trop de détails sur les conditions salariales à la CTAQ.

Avec le retour de l’accusé devant le tribunal, Éric Hamel a terminé par une pensée pour les victimes.

«Tu te dis que c’est injuste. Il y a des pères de famille, des enfants. Pourquoi eux? Pourquoi à ce moment précis?»