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Difficile de magasiner avec un enfant autiste

Un commerce offre une séance spéciale à des parents

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PHOTO JONATHAN GUAY Jean-Gothy Delusme, sa conjointe Patricia Aranguiz et leur petit Gabriel ont magasiné une heure avant tout le monde au Toys «R» Us d’Anjou.

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Pour une rare fois, dimanche, les parents d’un jeune enfant autiste ont pu magasiner en toute quiétude, sans se faire de mauvais sang pour leur progéniture.

«Je n’ai jamais eu autant de plaisir à magasiner qu’aujourd’hui [dimanche]! indique Patricia Aranguiz. Habituellement, je ne pourrais même pas prendre le temps de vous parler.»

Dans le cadre de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, tous les Toys «R» Us du Canada ont ouvert leurs portes une heure plus tôt afin d’offrir une expérience de magasinage adaptée aux parents d’enfants autistes.

Aucune musique, un éclairage réduit et une zone de jeu ont donc permis à Mme Aranguiz et à son conjoint Jean-Gothy Delusme de profiter pleinement de cette courte séance de magasinage en compagnie de leur garçon autiste de trois ans et demi.

«C’est calme et il n’y a pas beaucoup de stimulation, on voit que Gabriel est beaucoup plus concentré et heureux que d’habitude, a poursuivi sa mère. Habituellement, il ne fait que courir partout dans les allées.»

Manque d’activités

Le couple essaie de prendre part à toutes les activités adaptées pour les enfants autistes.

«On a eu l’occasion d’aller au cinéma où les lumières n’étaient pas complètement éteintes et où le son était moins fort, mentionne Jean-Gothy Delusme. Il a écouté le film au complet!»

Mais les parents se désolent devant le peu d’options qui s’offrent à eux.

«Depuis qu’on a reçu le diagnostic, j’ai commencé à chercher des activités pour Gabriel et j’ai constaté qu’il n’y en a pas beaucoup, a dénoncé Mme Aranguiz. C’est seulement la deuxième activité à laquelle mon enfant prend part depuis six mois.

«Nous ne pouvons pas aller dans des centres d’amusement, car Gabriel se met à crier et à pleurer, a-t-elle ajouté. Si ces centres offraient des sessions adaptées aux enfants autistes, ce serait plus plaisant pour tout le monde.»

Place à l’amélioration

La journée de dimanche était orchestrée par Autism Speaks, un organisme consacré à la promotion et à la défense des droits des personnes autistes.

Mme Aranguiz a salué l’initiative, mais elle estime que la division canadienne de l’organisme pourrait en faire plus au pays.

«Je ne sais pas pourquoi Autism Speaks fait plus d’activités aux États-Unis qu’au Canada, indique la Montréalaise. Mais j’espère qu’ils vont en faire plus ici, car il y a une demande.»

Somme toute, les parents étaient pleinement heureux de voir leur «petite tornade» s’amuser sans tracas.

► Autism Speaks n’a pas retourné les appels du Journal.