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21 choses que j'ai vues lors de la soirée de fermeture du bar de quartier de ma jeunesse

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Si t'as grandi à Saint-Augustin, à Cap-Rouge et à l'ouest de Sainte-Foy à la fin de ton adolescence et dans ta jeune vie adulte, il y a fort à parier que t'es allé descendre quelques pichets de bière avec tes copains au Café Bar chez Chaplin (le «Chap» pour les initiés)... Sinon, t'as clairement manqué quelque chose!

C'est notamment à cet endroit que j'ai faconné certaines des amitiés les plus importantes de toute ma vie. Je pense notamment aux «mardis des mottes» avec ma gang de chums, alors que quelques bières tranquilles se transformaient irrémédiablement en soirées (trop) bien arrosées!

Comme j'habitais à une quinzaine de minutes de marche du sympathique établissement, je pouvais revenir à la maison familiale en toute sécurité, quand mon coude était trop actif. Mais non sans me faire gronder par mes parents le lendemain matin. Disons qu'ils trouvaient que le Chap prenait un peu trop de place dans mes activités!

Lors de l'annonce de la fermeture du Chap après 25 ans d'existence, moi et plusieurs de mes amis avons mis en gros X sur le calendrier de la soirée du 1er au 2 avril, afin de s'y rendre pour vivre en mode nostalgie la dernière soirée d'activités de NOTRE bar. Et honnêtement, quelle soirée!

Pour les fidèles du Chap qui n'ont pu se déplacer pour prendre un dernier verre et renouer avec des vieilles connaissances, je vous ai dressé un bilan de la soirée à la sauce du sac de chips!

Voici les 21 choses que j'ai retenues sur la soirée de fermeture

1) Comme on pouvait s'y attendre, le bar était plein à craquer quand j'ai franchi les portes du débit de boisson vers les 22h. C'était réconfortant de voir que la place n'avait pas beaucoup changé au fil des années; on replongeait directement dans notre jeunesse. Il y avait trop de gens la face dans leur cellulaire, je trouve... Je plaide coupable, je l'ai fait aussi.

Photo Matthieu Boivin - Infographie Philippe Dufour

2) Le vénérable serveur et copropriétaire de l'endroit, Éric, était fidèle au poste pour cette ultime soirée de travail! Et il m'a immédiatement reconnu, malgré les nombreuses années passées. Oh que le Monsieur en a vu des niaiseries faites par des clients passablements éméchés. Je pense notamment à la soirée où des chums ont transformé une partie du bar en «véritable» ring de lutte! Le spectacle était, semble-t-il, presque aussi convaincant que le dernier Wrestlemania...

Photo Matthieu Boivin

3) La machine à dards était toujours là. Dans le fond, j'étais pas très bon à ce jeu, malgré les nombreux dollars dépensés dans l'appareil...

Photo Matthieu Boivin

4) Ma gang de chums et moi avions une petite soif, j'avoue. Et dans la foulée de cette fermeture, c'est quand même nous qui avons acheté les DERNIÈRES bouteilles de bière en vitre de l'Histoire du bar, ainsi que LE dernier 40 onces de rhum. Comme ils disent en anglais: Respect!

Photo Matthieu Boivin

5) Un de mes amis, qui n'est pas reconnu pour son équilibre quand il est en mode cocktail, nous a bien faire rire quand il est tombé à la renverse de son tabouret! Il s'en est tiré avec... des pantalons passablement humides.

Photo Matthieu Boivin

6) Comme la soirée débutait un 1er avril, il y avait des poissons accrochés un peu partout sur les vêtements des gens.

Photo Matthieu Boivin

7) Un peu out of the blue, des fêtards ont commencé à chanter le Minuit, Chrétiens. Pas mal tout le monde a embarqué. La chorale de Gregory Charles n'est clairement pas en danger. À notre époque, on préférait mettre la chanson Summer of 69 de Bryan Adams dans le jukebox, pour faire plaisir à notre buddy Nic Fillion.

8) Les gens ont signé une carte de remerciements pour les propriétaires du bar. Quelle excellente idée! J'avoue que je me suis dit que je la signerais, mais j'ai complètement oublié, finalement. Je me reprends donc ici : merci pour tout, Éric!

Photo Matthieu Boivin

9) Au moment où les propos des fêtards devenaient un peu moins clairs, la machine à cubes de glace à cesser de fonctionner. Il a donc fallu tomber en mode solution pour garder nos drinks aux frais et je suis allé chercher de la neige dehors. Non, il n'y avait pas de jaune dans la neige minutieusement choisie.

Photo Matthieu Boivin

10) Des p'tits comiques m'ont balancé six trente sous dans ma chaudière quand je suis sorti pour la neige, comme si j'étais un itinérant. Je les ai trouvés drôles et niaiseux en même temps.

Photo Matthieu Boivin

11) J'avoue qu'à une semaine de devenir un quarantenaire, je pensais que l'appel de la nostalgie serait entendu par plus de gens de mon époque. La crowd était jeune pas mal et je n'ai pas vu beaucoup de chums ou connaissances de mon temps. Éric m'a dit par contre que depuis deux semaines, de nombreux anciens s'étaient déplacés pour un dernier tour de piste.

12) La police n'a pas pu s'empêcher s'inviter à cette soirée mémorable. J'ai discuté avec les représentants de l'ordre et ils étaient fort sympathiques.

Photo Matthieu Boivin

13) Alors que le bar se vidait tranquillement de ses derniers fidèles, j'ai vu que des fêtards commencaient à prendre - certains sans avoir demandé la permission - des souvenirs du Chap. Comme cette fille qui a «volé» une affiche quelconque collée sur le mur et qui l'a dissimulée dans sa sacohe. «C'est pour un ami qui tripait sur le Chap, mais qui ne pouvait pas être là ce soir», m'a-t-elle lancé, pour expliquer son «crime». Pas mal certain qu'elle se dirigeait directement aux poubelles, de toute façon.

Photo Matthieu Boivin

14) Lui, il était fier de sa partie de pêche de souvenirs!

Photo Matthieu Boivin - Infographie Philippe Dufour

15) Ce souvenir, une horloge, a été échappé dans le stationnement et sa vitre s'est fracassée. Son nouveau propriétaire n'était pas moins heureux de la ramener chez lui, où il l'exposera, on l'espère, avec fierté.

Photo Matthieu Boivin

16) Un rouquin qui n'entendait pas à rire a tenté de se sauver des lieux avec une enseigne de bière «Bleue», mais les propriétaires voulaient la garder. Bon joueur, le serveur Éric lui a donné un t-shirt du bar afin de récupérer l'enseigne et pour passer à une autre appel.

17) Fidèle à mes bonnes habitudes du bon vieux temps, j'ai closé le bar avec mes chums. Il ne restait plus grand-monde à notre départ. Je me faisais toujours une fierté d'être parmi les derniers à quitter un bar quand je sortais, dans la vingtaine. Avec trois enfants maintenant, on n'a plus les mêmes priorités!

Photo Matthieu Boivin

18) Sur les voitures, il y avait de la givre et les verres en plastique glissaient.

19) Pour ceux qui seraient inquiets de la santé mentale d'Éric au moment de la fermeture, vous pouvez respirer tranquille. Il a pris le temps de ramasser la vitre causée par le point 15 et les mégos de cigarette avec un généreux coup de balai dans le stationnement, tout en parlant avec les derniers clients. Il se lance dans un autre projet et semblait très serein de passer à une autre étape de sa vie. «Les jeunes ne sortent plus dans les bars», m'a-t-il dit, comme il a sûrement répété des dizaines de fois depuis que lui et son partenaire d'affaires, Danny Paquet, ont pris la décision de mettre la clé dans la porte.

Photo Matthieu Boivin

20) Et je dois dire que cette ultime soirée a été parfaite. Belle ambiance, amis sympathiques, bonne musique, discussions pas toujours pertinentes, éclats de rire pour un rien et léger mal de tête le lendemain. Pas de blues de nostalgie, juste un sentiment de pur bonheur d'avoir été là pour la toute dernière. Merci pour tout, cher Chap!

21) Ce point n'a pas été observé le soir même, mais sur Facebook, après que le rideau soit tombé. Ce sont les propriétaires du bar qui avaient un message pour leurs clients.