/news/politics
Navigation

Bois d’œuvre : « inacceptable » si Ottawa n’aide pas le Québec, dit le ministre Blanchette

Le ministre des Forêts, Luc Blanchette, somme le fédéral d’intervenir rapidement pour soutenir l’industrie du bois d’œuvre.
Photo Agence QMI Le ministre des Forêts, Luc Blanchette, somme le fédéral d’intervenir rapidement pour soutenir l’industrie du bois d’œuvre.

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC – Le ministre des Forêts, Luc Blanchette, somme le fédéral d’intervenir rapidement pour soutenir l’industrie du bois d’œuvre, dont les exportations pourraient, dès la fin avril, être frappées par une surtaxe à la frontière américaine.

«Ottawa doit offrir un programme de garantie de prêt et supporter les 60 000 familles et 220 municipalités qui dépendent de notre industrie forestière», a indiqué le ministre de la Forêt, Luc Blanchette, lors d’une conférence de presse, jeudi matin.

«Le contraire, c'est-à-dire, pas de programme de garantie de prêt, serait tout simplement inacceptable pour le Québec», a-t-il ajouté.

Les États-Unis croient que le bois du Québec est subventionné parce qu’il provient de terres publiques. Ils considèrent donc légitime d’envisager des tarifs douaniers à la frontière, ce qui risque de ruiner le potentiel concurrentiel du bois québécois chez nos voisins du Sud.

Le Québec entend contester cette décision américaine auprès d’instances de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais le mal serait déjà fait, estime le ministre.

«L'imposition des taxes par le gouvernement américain et la durée d'un tel litige influenceraient grandement la santé financière de nos entreprises et compromettraient leur capacité de profiter d'une conjoncture favorable», a expliqué M. Blanchette.

L’Est contre l’Ouest

Par ailleurs, le ministre Blanchette demande au fédéral de considérer les intérêts particuliers du Québec dans sa négociation avec les États-Unis.

Il reconnaît toutefois qu’il n’est pas possible de trouver une entente qui plaira du même coup au Québec et à la Colombie-Britannique, notamment parce que plusieurs compagnies britanno-colombiennes ont des usines au sud de la frontière.

«Advenant des mesures protectionnistes, le malheur des uns, notre limitation à nous, pourrait faire le bonheur des autres, donc une augmentation des volumes pour les entreprises de Colombie-Britannique, qui ont des usines du côté sud de la frontière», a expliqué M. Blanchette

À savoir si le Québec pourrait négocier une entente asymétrique avec les États-Unis, sans égard aux autres provinces canadiennes, M. Blanchette affirme que le cadre légal actuel ne permet pas de le faire.

– Avec la collaboration de Marie Christine Trottier