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Le nouveau service en ligne Rendez-vous santé Québec suscite des critiques

Periode des questions
Photo Simon Clark Le ministre Gaétan Barrette

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Médecin de famille dans Lanaudière nord, le Dr André Renaud critique le nouveau service gouvernemental de prise de rendez-vous en ligne, qui illustre une fois de plus, selon lui, les décisions «unilatérales» du ministre Barrette.

«Qu'il ne fasse pas son Donald Trump! On ne demande pas mieux que de faire partie de la solution, mais c'est juste sa volonté qui est la bonne. On a appris en même temps que monsieur et madame Tout-le-monde, hier (mardi), le lancement de ce service. Si j'étais un concessionnaire auto et qu'on changeait de modèles à chaque semaine, j'aimerais le savoir», proteste le Dr Renaud, qui exerce depuis 42 ans.

Il fait partie d'un Groupe de médecine familiale (GMF) situé en milieu rural. «Nous sommes dix médecins et on monte à treize médecins dans deux mois. On est d'accord qu'il faut augmenter notre disponibilité. Chacun se garde deux à trois plages horaire par jour pour les consultations plus urgentes et on prend chaque semaine de nouveaux patients», opine le Dr Renaud.

Il a sursauté en constatant que les utilisateurs du nouveau service de prise de rendez-vous en ligne pourront modifier ou annuler en tout temps leur demande de consultation. «Est-ce que vous feriez cela avec votre comptable, votre dentiste? La semaine dernière, je me suis tourné les pouces pendant une heure parce qu'une famille avec ses quatre enfants ne s'est pas présentée à son rendez-vous», décrie-t-il.

De plus, souligne le Dr Renaud, dans la mesure où les médecins seront tenus d'accepter des patients non inscrits, ils auront moins de temps à consacrer à leurs patients. «Ce qui nous fâche, c'est qu'avant même d'avoir essayé ce nouveau système, le ministre dit aux gens de faire des pressions sur les médecins.»

Bonjour-Santé

Ce groupe de médecins était en pourparlers avec Bonjour-Santé afin d'adhérer à son système de prise de rendez-vous. Il va maintenant réévaluer la situation.

C'est justement ce que craint le président de Bonjour-Santé, Benoît Brunel. «C'est étrange que le gouvernement prenne l'argent des contribuables pour concurrencer des PME québécoises. Il utilise ses pouvoirs législatifs pour nous déloger. C'est de l'expropriation! Nos avocats sont en train d'évaluer la situation», fulmine M. Brunel.

Il en veut pour preuve une clause des contrats des supercliniques qui stipule que celles-ci devront utiliser le système gouvernemental de prise de rendez-vous. «J'ose espérer que cette clause sera revue. J'espère bien rencontrer le cabinet du ministre pour qu'il nous précise ses intentions», s'exaspère M. Brunel.

«Aucune infraction»

Le système de prise de rendez-vous de Bonjour-Santé est implanté dans 267 cliniques au Québec. L'entreprise était en lice lors de l'appel d'offres gouvernemental pour l'implantation de Rendez-vous santé Québec. Le contrat de 4,5 millions$ a finalement été octroyé à CGI.

M. Brunel se défend par ailleurs de contrevenir à la nouvelle loi sur les frais accessoires. «Notre service est gratuit pour prendre rendez-vous avec son médecin de famille ou accéder à d'autres médecins du même GMF. C'est payant pour un accès plus large, afin de financer notre moteur de recherche», argue-t-il.