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2014 - Évasion hollywoodienne

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En juin 2014, trois individus originaires d’Abitibi ont fui le Centre de détention d’Orsainville à bord d’un hélicoptère, au nez et à la barbe des gardiens et détenus qui ont assisté, incrédules, à l’évasion spectaculaire du trio.

En début de soirée, le 7 juin, les prisonniers Denis Lefebvre, Serge Pomerleau et Yves Denis se trouvaient dans la cour du bloc à sécurité maximum de la prison, lorsqu’un hélicoptère a atterri près d’eux. Les trois hommes sont montés à bord et l’appareil a aussitôt pris son envol vers l’ouest.

Ils avaient été arrêtés dans le cadre de l’opération Écrevisse et faisaient face à de nombreuses accusations, notamment de meurtres et de trafic de stupéfiants. Leur procès se déroulait au palais de justice de Québec au moment de leur évasion.

 

L’évasion par hélicoptère du Centre de détention d’Orsainville a forcé les autorités à faire appel à plusieurs corps policiers pour retrouver les trois individus qui s’étaient enfuis.
Photo d'archives
L’évasion par hélicoptère du Centre de détention d’Orsainville a forcé les autorités à faire appel à plusieurs corps policiers pour retrouver les trois individus qui s’étaient enfuis.

Retour en prison

Pendant deux semaines, la Sûreté du Québec et d’autres corps policiers participèrent activement à la chasse aux «trois écrevisses» comme on les avait surnommés dans les médias. Finalement, le 22 juin, ils étaient arrêtés après deux semaines de cavale.

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Ils furent appréhendés dans un luxueux condo situé dans le Vieux-Port de Montréal et ramenés illico à Québec, menottes aux «pinces». Ils n’opposèrent aucune résistance lorsque les policiers mirent fin abruptement à leurs «vacances».

Au terme de leur procès tenu à l’automne 2014, les trois hommes furent condamnés à des peines allant de 15 à 22 ans de prison et à des amendes totalisant 4,5 millions de dollars. Si les amendes n’étaient pas acquittées dans les cinq ans suivant le prononcé de la sentence, leurs peines seraient prolongées. De plus, aucune demande de libération conditionnelle ne pouvait être entendue avant qu’ils aient purgé la moitié de leur peine.

La «passoire» d’Orsainville

Yves «Colosse» Plamondon a été l’un des premiers à s’évader d’Orsainville en 1971.
Photo d'archives
Yves «Colosse» Plamondon a été l’un des premiers à s’évader d’Orsainville en 1971.

La prison d’Orsainville, aujourd’hui le Centre de détention de Québec, a été inaugurée en 1970 et en un peu plus d’un an, une quinzaine d’évasions y ont été enregistrées. Pas étonnant que l’on ait rapidement surnommé l’établissement «la passoire».

Il ne se passait pratiquement pas un mois sans que l’on apprenne qu’un ou plusieurs individus avaient quitté la prison sans autorisation pour recouvrer momentanément leur liberté. Et rien de spectaculaire dans certains cas, comme l’évasion du 28 juin 1971 où cinq hommes escaladèrent tout simplement la clôture de 10 pieds avant de filer tranquillement vers Saint-Émile ou Orsainville.

Pourquoi parler de ce cas en particulier? Parce qu’un des cinq évadés allait devenir le célèbre Yves «Colosse» Plamondon, qui défraie encore la chronique aujourd’hui.

Grosse carrière

En 1971, Plamondon avait 21 ans et se trouvait derrière les barreaux à la suite d’une affaire de drogue. Il fit la une du Journal pour la première fois avec cette évasion... Il devait la refaire souvent par la suite, lui qui fut considéré comme le leader du pénitencier de Donnacona dans les années 1980, 1990 et 2000.

Il a de nouveau fait parler de lui dans les médias lors de son procès pour trois meurtres en 1986, et lors de sa grève de la faim de deux mois en 2000-2001 pour ne pas être transféré au Nouveau-Brunswick. Plus récemment, en 2013, son appel dans les trois dossiers de meurtre lui donna droit à un nouveau procès qui s’est conclu par sa libération en mars 2014.

À la suite de cet arrêt des procédures, Plamondon a entrepris de poursuivre l’État pour plus de 35 millions de dollars, estimant avoir « été injustement condamné dans trois affaires de meurtre ». Il fut à nouveau arrêté en octobre 2015 et accusé entre autres de vol qualifié et d’incendie criminel.

«Colosse» attend la suite des procédures civiles et criminelles, prévues pour 2017... en prison, où il a maintenant passé près de la moitié de sa vie.

Cinq assassins en cavale

En août 1990, cette fois par voie terrestre et au pénitencier de Donnacona, cinq hommes qui purgeaient des peines de prison à perpétuité décidèrent de se faire la malle en empruntant... une bétonnière.

Des civils étaient à travailler dans la cour, en compagnie de détenus considérés comme «tranquilles», lorsque deux d’entre eux menacèrent le conducteur d’une bétonnière avec un pic artisanal afin qu’il leur cède le volant. Les deux prisonniers foncèrent alors droit sur la clôture avec le lourd véhicule tandis que trois de leurs compagnons s’accrochaient à l’arrière pour profiter de la «promenade».

Dès que l’engin eut franchi le périmètre de sécurité, les cinq évadés prirent la clé des champs en s’éparpillant dans les bois avoisinants.

Des otages

Une importante chasse à l’homme fut immédiatement mise en œuvre et l’un des fuyards fut retrouvé dans les heures qui suivirent. Un deuxième individu fut retracé le lendemain à Chicoutimi et arrêté à son tour.

Les trois autres compères se réfugièrent dans une résidence de Cap-Santé après deux jours passés à errer dans les bois. Le couple et les cinq enfants qui les accueillirent bien malgré eux passèrent une dizaine d’heures en leur compagnie sans subir aucuns sévices.

Après avoir mangé, s’être lavés et reposés, le trio prit la fuite avec la camionnette familiale et une trentaine de dollars «empruntés» au père. Ils furent tous les trois repris dans les jours qui suivirent et ramenés en prison pour y purger leurs peines.