/news/green
Navigation

Le sel de déglaçage contamine les puits

La situation qualifiée de «préoccupante» par la CMQ

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Régis Labeaume, président de la Communauté métropolitaine de Québec, a avoué son étonnement et sa préoccupation face à la contamination de puits privés.

Coup d'oeil sur cet article

Les puits privés situés dans les bassins versants des prises d’eau des rivières Saint-Charles et Montmorency sont partiellement contaminés par le sel de déglaçage utilisé sur les routes.

Il s’agit là de la principale conclusion d’une étude de 43 pages commandée par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), rendue publique mercredi. Au printemps et à l’automne 2016, l’organisme a recueilli des données qualifiées de «préoccupantes, mais non alarmantes» sur la qualité de l’eau de 900 des 6800 puits privés de son territoire.

Le seuil acceptable de chlorure de sodium (sel) est dépassé dans 56 % des puits se trouvant dans les bassins versants des prises d’eau de la rivière Saint-Charles. Ce taux est de 46 % du côté de la rivière Montmorency.

Régis Labeaume a qualifié les résultats de «fâchants et surprenants». Le maire de Québec a promis de s’adresser au ministère des Transports pour trouver des solutions et des alternatives au sel. En parallèle, il a répété qu’il fallait s’attaquer aux fosses septiques, responsables en partie de la contamination des puits. «Des gestes plus lourds seront posés [dans les prochaines années].»

« Un dogme est tombé »

François Morneau, coordonnateur du plan de protection des sources d’eau à la CMQ, a souligné «qu’on est dans les montagnes et la végétation. On s’attendait à avoir de l’eau de source impeccable. Finalement, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de critères de qualité qui ne répondent pas aux standards [...] Un dogme est tombé».

D’après lui, «ce n’est pas catastrophique, mais on est juste au bon moment pour mieux documenter la chose et prendre les mesures qu’il faut». Sauf exception, l’eau consommée demeure potable, admettent les spécialistes.

Autres constats

Le rapport de la CMQ conclut que 193 des 900 puits étudiés sont non conformes aux paramètres microbiologiques. Sur ce lot, 182 se révèlent non conformes aux coliformes totaux, 92 sont non conformes aux bactéries atypiques et 39 sont contaminés à l’E. coli.

Dans le bassin versant de la prise d’eau de la Saint-Charles, quelque 20 % des puits sont donc non conformes. Ce taux s’élève à 28 % dans le cas de la rivière Montmorency. «La présence d’E. coli a un impact sur la santé et il est essentiel de maintenir cette eau en ébullition durant au moins une minute avant de la consommer», explique la CMQ.