/opinion/blogs/columnists
Navigation

Nos auteurs

CA_Steve E. FortinCA_Marie-Eve DoyonCA_Stéphane Lessard

Martine en fume du bon

Martine en fume du bon
Photo d'archives, Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement Trudeau déposera vraisemblablement jeudi son projet de loi visant à légaliser et à encadrer la marijuana récréative. Il sera intéressant d’analyser toutes les subtilités qui seront comprises dans le texte préliminaire. Comme on dit en langage populaire : le diable est dans les détails.

Cet enjeu soulève plusieurs craintes et questionnements. Quels seront les impacts de la légalisation du cannabis sur la santé publique ? Verrons-nous une augmentation marquée du nombre de consommateurs ? Comment allons-nous encadrer la vente, notamment chez les jeunes ? Est-ce que ce sera la SAQ qui aura le mandat de distribuer la marijuana ? Une SAQ du pot ? Au privé ? Quelles seront les mesures prises pour contrer la conduite avec les facultés affaiblies ? Saurons-nous fixer un juste prix pour éradiquer le marché noir ? Ces questions et bien d’autres se posent et je m’attends, tout au long du processus à obtenir des réponses.

Le cas Martine Ouellet

La nouvelle cheffe du Bloc québécois m’a surpris et je me suis assuré de regarder la date pour être certain que l’on n’était pas encore le 1er avril. LA QUESTION qui préoccupe Martine Ouellet, c’est que le pot que vous fumerez de bons poumons soit «Made in Quebec». Est-ce la nouvelle stratégie de la députée de Vachon ? L’hypothèse est la suivante : si nous consommons de la marijuana québécoise, il est plausible qu’une fois bien gelés, nous voterons OUI au référendum de 2023 ? Blague à part, le lieu où seront produits nos plants est-il l’enjeu central du débat à cette étape-ci ? Elle n’en manque pas une, Martine Ouellet, pour se draper de la fleur de lys.

Un peu de mathématique

Selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), le marché québécois du cannabis récréatif s’élèverait à 1,3 milliard de dollars. Une plante de cannabis produit entre 150 à 200 grammes de marijuana (disons 175 grammes en moyenne). Admettons qu’un gramme de pot se vendra 10 $ le gramme. Il faudra donc développer près de 750 000 plants de cannabis par année au Québec pour approvisionner les Québécois.

La production de pot, un débouché économique intéressant ?

Bien que fort prématurée, la préoccupation de madame Ouellet m’a obligé à me creuser les méninges et faire de petites recherches. Y’a-t-il là un fort potentiel économique pour le Québec ?

À titre de comparaison, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec le plus grand producteur de fleurs au Québec, Rose Drummond. Si vous êtes comme moi et que vous avez fait régulièrement le trajet entre Québec et Montréal par l’autoroute 20, vous connaissez surement cette entreprise familiale qui a pignon sur rue depuis 1996 à Drummondville. Comme bien des hommes, j’ai fait plusieurs arrêts chez Rose Drummond pour acheter un arrangement floral à ma blonde. Rose Drummond développe plus de 500 000 fleurs par années. Pour réussir à produire autant (et avec beaucoup de diversité en plus) ils ont besoin de... 3 employés et ces personnes gagnent le salaire minimum. Sans être un expert, les plants de cannabis ne semblent pas être très difficiles à faire pousser.

Projet de loi important

Sans dénigrer ces 4 à 6 emplois créer au salaire minimum, ce n’est pas la production de cannabis qui viendra régler les problèmes de chômage et d’endettement du Québec. La vente, la distribution et les taxes qui y seront associées c’est autre chose. Le débat sur la légalisation de la marijuana sera intéressant et j’ai bon espoir que le processus, qui précédera l’adoption de loi, permettra de répondre aux interrogations légitimes que nous avons comme citoyens.

Je m’attends à ce que Martine Ouellet et l’équipe du Bloc québécois contribuent à soulever les bonnes questions concernant les enjeux de santé publique, de sécurité et de protection de nos enfants. Qui trop embrasse, mal étreint, c’est exactement ce que Martine Ouellet fait avec la cause qu’elle veut servir.