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Les ventes de maisons explosent dans les quartiers centraux de Québec

Les secteurs du centre-ville ou à proximité plus prisés par les acheteurs au détriment des banlieues

Serge Godin a vendu sa résidence en seulement cinq jours dans Limoilou la semaine dernière.
Photo Jean-François Desgagnés Serge Godin a vendu sa résidence en seulement cinq jours dans Limoilou la semaine dernière.

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Les ventes de résidences dans les quartiers centraux comme Limoilou et Saint-Sauveur ont explosé dans les 12 derniers mois au détriment des banlieues et de la Rive-Sud où les maisons se vendent moins bien et moins vite, révèlent des données obtenues par Le Journal.

Les quartiers les plus prisés en ce moment par les acheteurs se trouvent dans les secteurs du centre-ville ou à proximité du centre-ville de Québec, selon les plus récentes données immobilières analysées par la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) et fournies au Journal.

Parmi ces quartiers, Limoilou, Saint-Sauveur et Saint-Sacrement sortent du lot en raison de la croissance des ventes, de l’augmentation des prix et de la réduction des délais de vente. «La basse-ville et Limoilou au complet sont les pôles chauds du moment», affirme Paul Cardinal, directeur analyste du marché à la FCIQ.

Les données analysées par Le Journal révèlent que ces secteurs ont vu leurs ventes augmenter de 24 % en deux ans.

«C’est un quartier dans lequel on voit un bon potentiel, un marché en devenir», a affirmé Marjorie Audet, qui se fait construire sa première maison avec son conjoint dans le quartier Saint-Sauveur. «C’est le prochain quartier à la mode qui est encore abordable pour nous, surtout pour du neuf.»

Tout près, dans le quartier Lairet, de l’arrondissement Limoilou, Serge Godin a réussi à vendre sa maison en moins de cinq jours à un jeune couple. «On a eu six visites et deux offres d’achat le même soir», a-t-il dit (voir autre texte).

La rive-sud délaissée

Pendant cette même période, la Rive-Sud de Québec a perdu beaucoup d'attrait. Par exemple, le nombre de maisons vendues a chuté de 15 % à Saint-Rédempteur seulement.

«Il y a de plus en plus de deuxièmes acheteurs qui quittent pour des quartiers centraux», a expliqué M. Cardinal.

Le Journal rapportait également lundi que de nombreuses familles désirent maintenant éviter le trafic et quittent les banlieues éloignées.

Invité à réagir au reportage du Journal, le maire Labeaume dit avoir remarqué le phénomène et comprendre les familles qui ont pris la décision de déménager dans les quartiers centraux, surtout pour se départir d’une voiture. «Il y a du monde qui ont décidé peut-être de mettre cet argent dans leurs poches et faire d’autres choses. On ne peut pas les blâmer.»

D'autres quartiers

La Fédération des chambres immobilières a identifié d'autres zones populaires à l’heure actuelle, comme les quartiers Duberger et Les Saules.

Deux banlieues éloignées ont vu une croissance de leurs ventes, soit Saint-Jean-Chrysostome et Château-Richer.

«Ce n’est pas cher. Il y a des développements de maisons jumelées plus abordables. Ce sont plutôt de premiers acheteurs», a indiqué M. Cardinal.

— Avec la collaboration de Taieb Moalla

 

Les jeunes familles veulent acheter en ville

Marjorie Audet et le joueur de baseball Jonathan Malo se sont acheté une résidence neuve dans le quartier Saint-Sauveur. Une nouvelle construction qui sera habitable à la fin du mois de mai.
Photo Jean-François Desgagnés
Marjorie Audet et le joueur de baseball Jonathan Malo se sont acheté une résidence neuve dans le quartier Saint-Sauveur. Une nouvelle construction qui sera habitable à la fin du mois de mai.

Les jeunes familles décident de plus en plus d’investir pour leur premier achat dans les quartiers centraux de Québec pour la qualité de vie, près de l’effervescence de la cité et loin du trafic de la banlieue.

À la fin du mois de mai, Marjorie et Jonathan entreront dans leur première maison, une résidence de ville neuve et abordable, et ce, au centre-ville.

Saint-Sauveur est un quartier qui se transforme et où s’installent de jeunes familles, indique le couple.

«Ça m’a aidé dans ma décision», a relaté Marjorie. «Je n’avais jamais pensé que mon premier achat serait une construction neuve. C’est un peu du rêve», a-t-elle affirmé.

Et, il était primordial pour le jeune couple de rester en ville, principalement afin d’être à proximité de son travail.

«Je travaille à Sainte-Foy et avec le problème de trafic qu’on voit de plus en plus à Québec, il n’était pas question d’aller vers la banlieue et plus au nord. Je voulais rester à moins de 15 minutes de voiture du travail. Même chose pour Jonathan», explique Marjorie.

Ils veulent aussi se départir d’une voiture.

Vente rapide

Le marché des maisons à rénover est également à la mode. Tout le secteur de Limoilou regorge de jeunes acheteurs qui désirent s’installer près du centre-ville.

Serge Godin n’aurait jamais pensé vendre aussi rapidement sa maison de la rue des Pins. Il a affiché la résidence la semaine dernière et moins de cinq jours plus tard, la vente était conclue. Un jeune couple aura été l’heureux élu.

«C’est un quartier que j’aimais beaucoup», a relaté l’homme, qui a finalement dû se résoudre à louer un condo dans Charlesbourg en raison de sa sclérose en plaques.

M. Godin avoue vivre un petit deuil. «Ça faisait 16 ans que je restais à Limoilou. Les rues sont calmes et il y a beaucoup d’arbres. On ne pensait pas qu’on était en ville et on était à proximité.»

 

Les quartiers « in »

 

Des Châtels

Ventes : + 13 %

Délai de vente : 108 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 4 %

L’Ancienne-Lorette

Ventes : + 18 %

Délai de vente : 119 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 7 %

Aéroport

Ventes : + 10 %

Délai de vente : 101 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 4 %

Duberger-Les Saules

Ventes : + 8 %

Délai de vente : 107 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 1 %

Limoilou

Ventes :+ 8 %

Délai de vente :

105 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 7 %

Saint-Sauveur

Ventes : + 5 %

Délai de vente : 121 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 10 %

Saint-Sacrement

Ventes : + 15 %

Délai de vente : 170 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 3 %

Saint-Jean-Chrysostome

Ventes : + 10 %

Délai de vente : 113 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : + 1 %

 

Les quartiers « out »

 

Charlesbourg Est

Ventes : - 12 %

Délai de vente : 134 jours

Prix médian de maison unifamiliale : fixe

Charlesbourg, secteur des Jésuites

Ventes : - 16 %

Délai de vente : 122 jours

Prix médian de maison

unifamiliale : -3 %

Vanier

Ventes : - 40 %

Délai de vente : 168 jours

Prix médian de maison unifamiliale : -15 %

Lévis, secteur Desjardins

Ventes : - 10 %

Délai de vente : 149 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale ´: + 2 %

Saint-Romuald

Ventes : -11 %

Délai de vente : 129 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : +4 %

Charny

Ventes : - 22 %

Délai de vente : 129 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : +3 %

Saint-Rédempteur

Ventes : - 15 %

Délai de vente : 117 jours

Prix médian d’une maison unifamiliale : -1 %


► Source : Fédération des chambres immobilières du Québec. Données pour la période de mars 2016 à mars 2017