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Les parents boudent le milieu familial

Ils préfèrent se tourner vers les garderies privées en raison de la modulation des tarifs

big brother garderie
Photo d’archives De plus en plus, les tout-­petits sont envoyés dans les garderies privées, où les crédits d’impôt pour leurs parents couvrent jusqu’à 60 % des frais.

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La hausse des frais causée par la modulation des tarifs a entraîné la fermeture de centaines de garderies en milieu familial subventionnées, selon la FIPEQ-CSQ.

Depuis 2015, au moins 653 responsables de services de garde en milieu familial, sur quelque 11 700 représentés par le syndicat, ont fermé leurs portes. Et ce chiffre représente un minimum, insiste la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec - Centrale des syndicats du Québec (FIPEQ-CSQ), puisqu’il a été impossible d’obtenir les données pour la région des Laurentides.

«La modulation des frais de garde a fait partir nos enfants vers le privé», affirme la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon.

Concurrence déloyale ?

En avril 2015, le gouvernement Couillard a imposé une modulation des tarifs des services de garde subventionnés en fonction du revenu. Ainsi, en plus du tarif de base de 7,75 $, les parents doivent payer une contribution quotidienne additionnelle pouvant aller jusqu’à 13,45 $ pour une famille ayant un revenu combiné de plus de 161 380 $. Cette contribution additionnelle est calculée au moment de la déclaration d’impôts.

Les parents préfèrent donc se tourner vers les garderies privées où les crédits d’impôt couvrent jusqu’à 60 % des frais. «Avec les remboursements anticipés, il y a certains parents dont la garderie revient à deux ou trois dollars par jour», dit Valérie Grenon.

Un emploi chez Costco

Alors qu’une responsable d’une garderie familiale peut accueillir un maximum de six enfants (neuf si elle est assistée d’un autre adulte), 30 % des établissements qui demeurent ouverts sont fréquentés par moins d’enfants depuis l’entrée en vigueur de la modulation des tarifs.

C’est le cas de Jeannette Manoukian, qui n’avait jamais eu de difficulté à combler les six places de son petit service de garde situé à Saint-Hubert. «Auparavant, j’avais une liste d’attente», raconte-t-elle.

Après le départ de trois enfants en 2015, Jeannette Manoukian a mis des mois à combler les places vacantes. Encore aujourd’hui, il lui manque un enfant pour avoir une charge complète.

Entre-temps, la femme de 50 ans a pris un emploi chez Costco pour le temps des Fêtes, histoire de compenser le manque à gagner. «Ça m’a aidée monétairement, mais j’étais super fatiguée», souligne-t-elle.

Fermetures nombreuses

Nombre de garderies en milieu familial subventionnées fermées, par région, depuis 2015

  • Grande région de Québec : 217
  • Montérégie : 243
  • Abitibi : 81
  • Laval-Lanaudière : environ 45
  • Bas-Saint-Laurent : 22
  • Côte-Nord : environ 20
  • Estrie : 25