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La faute de Labeaume

Régis Labeaume
PHOTO JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Régis Labeaume

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Le maire Régis Labeaume n’a que lui-même à blâmer concernant l’appui en chute libre envers le SRB, un projet qu’il n’a pas su défendre adéquatement et envers lequel il n’a jamais manifesté de véritable intérêt.

On se serait en effet attendu à ce que le maire de Québec, instigateur du projet, défende bec et ongles son SRB, et ce, sur toutes les tribunes. Le SRB, nous disait-il jusqu’à tout récemment, devait après tout régler une bonne partie des problèmes de congestion à Québec. Au point qu’on n’aurait même pas besoin de penser à un troisième lien ensuite, avait-il affirmé.

Qui plus est, le maire a obtenu jusqu’à maintenant un engagement de près de 70 M$ de la part du gouvernement du Québec, ce qui n’est pas rien. On peut donc penser que des gens bien informés y ont cru.

Afin de s’assurer que le SRB percole parmi la population, le maire devait s’imposer en ambassadeur, fort du poids politique et de l’appui de la population, dont il continue de bénéficier, comme en témoigne notre sondage Léger.

Place aux détracteurs

Mais voilà, au lieu d’exposer son point, depuis des mois, le maire de Québec a au contraire laissé toute la place aux détracteurs du SRB. Lorsque des questions lui sont posées sur le sujet, soit il se braque, soit il se tait pendant des jours et donne l’impression de se cacher.

Aux animateurs de radio qui se montrent réticents ou encore dénigrent le projet, le maire n’a offert aucune réplique, puisqu’il n’accorde à peu près plus d’entrevues dans les différentes stations de Québec.

Le premier élu de Québec avait pourtant promis, avant les Fêtes, une rencontre d’information sur le SRB pour répondre à toutes les questions en suspens, dont celles entourant le choix du tracé par le boulevard Charest. Voici de plus ce qu’il affirmait, en décembre, en marge du budget 2017 de la Ville: «Nous ne gérons pas en fonction des radios. Nous allons défendre ce projet-là jusqu’à la fin. Québec est due pour un transport collectif robuste.» Le maire a-t-il perdu ses convictions?

Et que dire du maire de Lévis qui, après s’être imposé en tant que partenaire de Québec, a fini par se retirer du projet hier? Depuis des semaines, il a multiplié les propos contradictoires et discrédité le SRB jusqu’à en parler comme d’«un infime élément pour régler la circulation».

Je sens que le jour où Québec travaillera de pair avec Lévis sur un autre projet du genre n’est malheureusement pas près de se reproduire...

Logique et rationnel

Il revenait aussi au maire de Québec, tel qu’il l’avait promis en décembre, de remettre «de la logique et du rationnel» dans le dossier du troisième lien. Depuis le début, ce projet nébuleux qui implique pourtant des investissements monstrueux est porté par un paquet d’arguments émotifs. Il s’y est d’abord opposé pour ensuite se rallier au discours populaire.

Pour en revenir au SRB, devant une telle diminution des appuis, le maire Labeaume pourra-t-il éviter un référendum? Est-il trop tard? Trouvera-t-il le courage politique pour aller de l’avant en dépit des critiques, tout comme l’a fait le maire Jean-Paul L’Allier avec son projet de fusions et la revitalisation du quartier Saint-Roch? La suite sera très révélatrice.