/entertainment
Navigation

Le milieu des arts exige la fin de la saignée

Coup d'oeil sur cet article

Près de 500 personnes issues du milieu des arts se sont rassemblées afin de demander un réinvestissement dans le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) dont le montant de l'aide financière est gelé depuis 5 ans par le gouvernement provincial.

Rassemblés le 24 avril à la Place d’Armes, les manifestants démontraient leur inquiétude face à la volonté du gouvernement d’aider plus d’organismes culturels sans augmenter le montant total de l’enveloppe du CALQ, gelée à 89M$ depuis 5 ans. L’Assemblée nationale s’apprête à fixer le montants des aides financières pour les quatre prochaines années de cet organisme gouvernemental soutenant la création artistique et contribuant au rayonnement international des artistes d’ici.

«On nourrit plus de talent avec un plus petit gâteau. Il faudrait que les fonds du CALQ atteignent 135 millions de dollars pour que les programmes du soient équivalents à il y a dix ans», indique la porte-parole du Mouvement pour les arts et lettres du Québec, Fabienne Cabado.

Les conditions afin d’obtenir une subvention sont également plus exigeantes, selon les acteurs du milieu. «On nous demande comment on travaille au développement du public, à l’accès à la culture...On est prêts à travailler pour le vivre-ensemble, mais il y a une incohérence entre les volontés du gouvernement et les moyens qu’il nous donne», souligne Geoffrey Gaquère, porte-parole du Conseil québécois du Théâtre.

Danseurs, comédiens, scénographes, musiciens : tous les artistes sont affectés par ce manque à gagner. «Les jeunes avec qui je travaille doivent occuper, deux, trois emplois pour arriver, indique le metteur en scène Serge Denoncourt, présent au rassemblement. C’est insidieux, parce qu’on a des théâtres et plusieurs institutions, mais on présente moins de pièces, plus de monologues...Malgré les apparences, de moins en moins de gens travaillent.»

Occuper le béton

De son côté, le gouvernement souligne effectivement sa contribution aux infrastructures culturelles. «On a par exemple investi 8,4 M$ dans le Théâtre du Nouveau Monde et 1,9M$ dans l’Espace Go», note Karl Fillion, attaché de presse au Cabinet du Ministère de la Culture et des Communications.

Même si les organismes apprécient ces investissements, le manque de fonds au CALQ rend difficile, voire impossible pour certains, la création même. «On construit des lieux magnifiques et nécessaires, mais les artistes qui y résident n’ont plus de ressources pour produire! L’existence et l’essence du lieu sont menacées, parce qu’on ne pense pas à ceux qui vont y oeuvrer», s’exclame la comédienne Sophie Cadieux, marraine de l’événement.

___

Si le Ministère de la Culture et des Communications affirme que le CALQ dispose de 109M$, environ 14M$ proviendrait de récents transferts de programmes administrés auparavant par le MCCQ, comme les fonds de l’OSM. En soustrayant les frais administratifs d’environ 7M$, il ne reste donc que 89M$ pour soutenir les artistes, soit moins que l’équivalent des 92,5M$ en dollars constants, inflation comprise, dont ils disposaient en 2010-2011.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.